La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé lundi soir que le prix repère de vente du gaz grimpera de 5,6 % à partir du 1er septembre 2026. Environ 6 millions de ménages français sont concernés : ceux qui ont souscrit une offre de fournisseur indexée sur ce prix de référence, et non une offre à prix fixe.
Ce prix repère, appelé PRVG, passera à 172,05 euros TTC du mégawattheure en moyenne. La hausse se calcule par rapport au niveau du 1er août. Elle touche environ 60 % des abonnés résidentiels au gaz en France, ceux dont le contrat varie chaque mois selon ce prix moyen.
Depuis la disparition des tarifs réglementés du gaz, le PRVG sert de repère aux fournisseurs pour fixer leurs offres et aux consommateurs pour les comparer. Les foyers ayant opté pour un contrat à prix fixe ne verront rien changer sur leur facture.
Cette nouvelle hausse intervient à la sortie de l’été et pèse un peu plus sur le pouvoir d’achat des ménages.
La CRE est formelle sur l’origine du mouvement : la hausse est entièrement liée à l’augmentation des prix du gaz sur les marchés, a précisé le régulateur à l’AFP. Les marchés de gros sont sous tension depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé une offensive contre l’Iran.
En réponse, Téhéran a bloqué le détroit d’Ormuz, un axe par lequel transitaient jusque-là près de 20 % du pétrole mondial et 20 % des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié. Ce blocage a provoqué une chute brutale de l’approvisionnement et fait grimper les prix des hydrocarbures.
L’indice TTF néerlandais, référence du gaz en Europe, a quasiment doublé depuis le début du conflit, avec une progression de 93,18 %.
Des stocks européens au plus bas depuis 2009
Selon Gas Infrastructure Europe, les réserves de gaz du continent n’ont jamais été aussi basses depuis près de 17 ans. Elles ne sont remplies qu’à 57 %, contre 74 % habituellement à cette période de l’année. La Commission européenne juge la situation préoccupante mais pas dramatique, alors qu’il y a quelques semaines encore, elle estimait que les objectifs de remplissage restaient atteignables.
Le cabinet Wood Mackenzie s’est montré plus prudent fin juillet : dans son scénario le plus favorable, les stocks n’atteindraient que 75 % au début de l’hiver, contre une moyenne de 90 % au 1er novembre ces cinq dernières années. Dans l’hypothèse où les perturbations se poursuivraient, ils pourraient rester sous les 70 %.
Thierry Bros, professeur à Sciences Po, alerte sur ce manque de préparation avant l’hiver. « Nous avons besoin de stockages de gaz mieux remplis et, malheureusement, nous ne sommes pas préparés pour l’hiver qui arrive », a-t-il déclaré dans un entretien à BFM Business.
Selon lui, le déblocage du détroit d’Ormuz « prendrait beaucoup plus de temps » que prévu. Les experts craignent une nouvelle envolée des factures des ménages et un impact lourd sur l’industrie européenne, sans perspective nette d’amélioration à ce stade.
Thierry Bros va plus loin, évoquant un scénario de restrictions à venir : « sobriété énergétique contrainte, où on expliquera aux Français qu’ils devront se chauffer moins […] et que le meilleur mégawattheure est celui que vous ne consommez pas ».






