Dès l’ouverture des marchés, le contrat de référence européen, négocié sur le hub néerlandais Title Transfer Facility (TTF), a grimpé d’environ 20 % à 25 % en séance, atteignant près de 39,91 euros par mégawattheure selon des dépêches d’agences de presse publiées le 2 mars 2026. Ce niveau marque un net décrochage par rapport à la fin de semaine précédente et ravive le spectre d’une nouvelle crise des prix de l’énergie en Europe.
Cette flambée intervient alors qu’en France, le nouveau prix repère du gaz publié par la Commission de régulation de l’énergie entre en vigueur au 1er mars. La concomitance des deux phénomènes nourrit l’inquiétude : la hausse réglementaire annoncée pourrait n’être qu’un prélude à des relèvements plus marqués si les tensions internationales persistent.
Une hausse européenne du gaz d’une rare intensité
Sur le marché européen, le mouvement est spectaculaire. En quelques heures, le prix du gaz a progressé de près d’un quart, une variation inhabituelle en période hors hiver rigoureux. Les cotations autour de 39 à 40 euros par mégawattheure traduisent une nervosité extrême des opérateurs.
Cette réaction brutale s’explique par l’escalade militaire autour de l’Iran et les menaces pesant sur le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transitent environ 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Les craintes de perturbations sur les exportations de GNL en provenance du Golfe ont déclenché des achats massifs de couverture sur les marchés européens.
Des analyses financières publiées le 2 mars 2026 estiment que, si les flux étaient interrompus pendant plusieurs semaines, les prix pourraient encore bondir, certains scénarios évoquant une hausse pouvant aller jusqu’à +130 % par rapport aux niveaux récents, voire des cours dépassant 100 euros par mégawattheure en cas de blocage prolongé. Même si ces projections relèvent du scénario extrême, elles traduisent un climat de tension aiguë.
La hausse du gaz décidée par la CRE entre en vigueur
En parallèle, la Commission de régulation de l’énergie a relevé son prix repère pour mars 2026. Selon les données publiées par l’institution le 10 février 2026, le prix repère moyen toutes taxes comprises atteint environ 0,14010 euro par kilowattheure.
Cela représente une progression d’environ 3,8 % à 3,93 % par rapport au mois de février, d’après les informations relayées par Engie. Pour un foyer chauffé au gaz consommant autour de 11 000 à 11 200 kilowattheures par an, la facture annuelle pourrait augmenter d’environ 59 à 60 euros, selon les calculs de Selectra le 10 février 2026.
La CRE rappelle d’ailleurs que « le prix repère de vente de gaz naturel reflète les variations mensuelles des coûts d’approvisionnement, qui évoluent en fonction des prix à court terme sur le marché de gros de l’énergie », précise l’autorité dans sa communication du 10 février 2026. Autrement dit, toute tension durable sur le marché européen est susceptible d’être répercutée dans les prochains mois sur les grilles tarifaires.
Un effet cumulatif redouté sur les factures d’énergie
C’est précisément ce mécanisme de transmission qui inquiète. La hausse de mars décidée par la CRE repose sur des données de marché antérieures à l’explosion de ce lundi 2 mars. Si les prix du TTF restent durablement autour de 40 euros par mégawattheure, voire progressent davantage, les prochains prix repères pourraient intégrer ces niveaux plus élevés.
Pour les ménages, le risque est clair : la hausse d’environ 60 euros annuels annoncée pour mars pourrait ne constituer qu’une première étape. En cas de poursuite des tensions géopolitiques, la facture de gaz pourrait s’alourdir de manière plus marquée au printemps ou à l’été, surtout si les stocks européens de gaz devaient être reconstitués à des prix élevés.
Les industriels énergivores, déjà fragilisés par les cycles précédents de hausse, redoutent également un renchérissement rapide de leurs coûts. Une envolée prolongée des prix du gaz pourrait se répercuter sur l’électricité, dont une partie de la production européenne dépend du gaz, et in fine sur les prix à la consommation.
La situation reste évolutive. Néanmoins, le cumul entre la hausse réglementaire française et la flambée brutale des marchés européens en ce 2 mars 2026 constitue un signal d’alerte. L’énergie, une nouvelle fois, se retrouve au cœur des turbulences géopolitiques. Et les consommateurs, comme les acteurs du secteur, se préparent déjà à un possible nouvel épisode de tension sur le gaz.





