Les prix de l’énergie flambent et pèsent sur le budget des Français

Les prix de l’énergie connaissent une flambée généralisée en France. Le gaz va augmenter de 8 % au 1ᵉʳ octobre, les carburants atteignent des niveaux records et les canicules de l’été ont impacté la production électrique. Les ménages français voient leur pouvoir d’achat se contracter de 0,4 % en 2026, avec des factures qui pourraient grimper de plusieurs centaines d’euros par an.

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Les prix de l’énergie flambent et pèsent sur le budget des Français © L'EnerGeek

Gaz, électricité, carburants : une flambée historique qui frappe les ménages français

Avec l’arrivée de l’automne, les ménages français font face à une nouvelle hausse des tarifs énergétiques. Après les carburants, les prix du gaz et de l’électricité augmentent fortement. Au 1ᵉʳ octobre 2026, le prix de référence du kilowattheure de gaz s’élève de 8 %, passant de 0,1347 à 0,1456 euro TTC, comme l’indique la Commission de régulation de l’énergie (CRE). L’abonnement mensuel reste à 30,07 euros, mais les contrats indexés suivent cette hausse.

Depuis la fin du tarif réglementé de vente le 30 juin 2023, ce prix mensuel sert de référence pour le marché. Dans un contexte international instable, certains opérateurs proposent des offres à prix fixe. GEG, par exemple, offre un tarif bloqué sur trois ans pour l’abonnement, le prix de l’énergie et son acheminement, sans engagement. Cette approche peut protéger des variations futures, bien que les taxes continuent d’être révisées régulièrement.

Jusqu’à 619 euros d’écart sur la facture annuelle

Ces augmentations se reflètent dans les factures. Pour un foyer consommant 19 500 kWh de gaz et 3 500 kWh d’électricité par an, avec les prix fixes de GEG au 19 septembre 2026 (0,1097 euro par kWh TTC et 499,39 euros d’abonnement annuel pour le chauffage), la facture atteint 2 638 euros pour le gaz et 833 euros pour l’électricité, soit un total de 3 472 euros.

En comparaison, avec le prix repère du gaz d’octobre 2026, la partie gaz grimpe à 3 200 euros. Avec une offre d’électricité au tarif réglementé (0,2001 euro par kWh TTC et 15,86 euros d’abonnement mensuel), l’électricité coûte 891 euros. Ainsi, la facture totale s’élève à 4 091 euros annuels, soit un écart de 619 euros par rapport au scénario précédent, et 1 857 euros sur trois ans si les prix restent stables.

Les offres à prix fixe ne gèlent pas les taxes. L’accise sur le gaz naturel a augmenté de 15,43 à 16,39 euros par MWh au 1ᵉʳ février 2026, atteignant 16,66 euros au 1ᵉʳ août, avec une révision prévue le 1ᵉʳ février 2027. Pour l’électricité, malgré l’offre fixe de GEG, les taxes et certaines dépenses d’acheminement ne sont pas bloquées.

Les carburants atteignent des sommets historiques

En parallèle, les prix des carburants battent des records. Depuis janvier 2026, le prix moyen du gazole a bondi de plus de 50 %, et celui du SP95-E10 de plus de 30 %. Dimanche dernier, ces carburants étaient vendus en moyenne à des niveaux records de 2,41 euros et 2,18 euros le litre, selon Sud Ouest.

Avec 100 euros, une voiture à essence consommant 7,7 litres/100 km parcourt moins de 600 km aujourd’hui, contre 785 km début janvier. Un véhicule à gazole consommant 5,6 litres/100 km peut faire moins de 750 km, contre près de 1 200 km en janvier. Un Smic brut permet en septembre d’effectuer cinq pleins de 60 litres de gazole de moins qu’en janvier.

En 2021, près de 11 % des ménages possédant une voiture ont consacré à l’achat de carburant plus d’un mois de leur revenu disponible, d’après l’Insee. À cette époque, le gazole et l’essence coûtaient respectivement 1,43 et 1,55 euro le litre. Avec les prix atteints au printemps dernier (2,20 euros et 2 euros), 22 % des ménages auraient été concernés, proportion largement dépassée aujourd’hui.

Les canicules de l’été ont fait chuter la production électrique

Les vagues de chaleur de l’été 2026 ont accentué la pression sur les prix. Les canicules successives ont fortement réduit la production d’électricité en France, notamment en diminuant la capacité du parc nucléaire, qui produit près de 70 % de l’électricité du pays. Le 21 septembre, trois réacteurs nucléaires d’EDF étaient à l’arrêt. Ce chiffre a atteint 15 réacteurs sur les 57 en activité durant l’été, rapporte Les Échos.

« Les centrales nucléaires ont cessé de fonctionner car il n’y avait pas assez d’eau dans les rivières, nécessaire pour le refroidissement, ou parce qu’elle était trop chaude », explique Sylvain Le Falher, fondateur d’Hello Watt, dans une interview à RMC.

Selon RTE, les pertes de production ont atteint un maximum de 10 térawattheures (TWh) en 2026, bien au-delà du record précédent de 6 TWh lors de la canicule de 2003 et de 3 TWh en 2020. Plus précisément, ces pertes représentent 12 % de la production des mois de juin, juillet et août. La production hydroélectrique a également chuté, passant de 12,3 TWh à 10,8 TWh entre juin et août, soit la deuxième plus faible production hydraulique pour cette période depuis cinquante ans, après 2022.

Une consommation en hausse malgré la baisse de production

Paradoxalement, bien que la production ait diminué, la consommation d’électricité a augmenté de 4 à 5 % en juin et juillet par rapport à l’année précédente, selon RTE. Les vagues de chaleur ont intensifié l’utilisation de la climatisation, maintenant la demande à un niveau élevé. Ce niveau, en retrait depuis la crise du covid et énergétique de 2022, a retrouvé des niveaux comparables à ceux de 2014-2019.

Conséquence de cette situation : « une augmentation des prix de l’électricité cet été », selon Sylvain Le Falher. D’après Epex, la principale bourse européenne d’électricité, le prix en France a atteint 177,34 euros le mégawattheure mi-août, un record depuis janvier 2025. « Les acteurs anticipant une baisse de production future, les cours sur les marchés de gros augmentent », affirme le fondateur d’Hello Watt.

Les ménages modestes en première ligne

L’Insee anticipe une contraction de 0,4 % du pouvoir d’achat du revenu disponible brut par ménage en 2026. Parmi les dépenses courantes, les prix de l’énergie ont le plus augmenté, avec une hausse moyenne de 16,7 % sur un an en août, contribuant largement à l’inflation (2,4 %). Les produits pétroliers ont connu une hausse de 29 %, ceux du gaz de 14 %.

Le logement, le chauffage et l’éclairage constituent le principal poste de dépenses des ménages (28 % en moyenne, loyer inclus), tandis que les transports en représentent 13 %, selon les chiffres de 2025. Une précédente étude indiquait que les dépenses en gaz, électricité et autres combustibles pour le logement représentaient 4,5 % en 2024.

Pour les ménages à faibles revenus, la part du budget consacrée à l’énergie est « plus importante » et ils « disposent de moins de ressources pour absorber de tels chocs de prix », selon la BCE dans une étude de mai. Environ 10 % des ménages étaient en précarité énergétique en 2023, soit des ménages très modestes ayant dépensé plus de 8 % de leurs revenus pour les factures énergétiques, selon l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE).

Les dépenses de carburant pèsent davantage sur les ménages ruraux, où près de 90 % des actifs utilisent leur voiture pour le travail, contre moins de 60 % en milieu urbain, avec des trajets plus longs et des revenus inférieurs, selon l’Institut en septembre. Plus de 80 % des ménages de France métropolitaine possèdent au moins une voiture, d’après l’Insee (2023).

Quelles solutions pour limiter la casse ?

Face à la flambée des prix, comparer les offres et opter pour des contrats à prix fixes est une solution pour réduire l’impact budgétaire. Pour le gaz, « il est encore temps d’y souscrire avant la hausse du 1ᵉʳ octobre », conseille Sylvain Le Falher.

Il suggère également de passer à la pompe à chaleur pour le chauffage, à l’image de la transition vers l’électrique face à la hausse des carburants. Une pompe à chaleur air-eau coûte entre 10 000 et 14 000 euros en moyenne, dont la moitié peut être financée par des aides. Elle permet de réduire par trois la consommation et de diviser par deux la facture, voire plus avec la hausse des prix du gaz. Elle peut être rentabilisée en trois ans.

Pour les utilisateurs de gaz naturel, la facture moyenne en 2026 « pourrait augmenter de 120 euros par an par rapport à 2025, si les prix se maintiennent jusqu’à la fin de l’année », a prévenu Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE, soit une hausse de 10 %. Le prix du fioul domestique a quant à lui grimpé de 47 % depuis janvier, selon l’Insee.

Le gouvernement a annoncé le maintien du chèque énergie en 2027 pour alléger les factures des plus modestes. De plus, l’aide aux travailleurs modestes « grands rouleurs » a été prolongée jusqu’à la fin de l’année face à l’augmentation des prix à la pompe.

Enfin, suivre sa consommation régulièrement, à l’aide d’outils proposés par les fournisseurs d’énergie ou de plateformes dédiées, peut réduire la consommation jusqu’à 10 %, selon Hello Watt. Une vigilance d’autant plus cruciale que les perspectives pour l’hiver restent incertaines. « Il pourrait y avoir une hausse des prix pour l’hiver et l’année prochaine, notamment lorsque le tarif réglementé évoluera au 1ᵉʳ février », anticipe Sylvain Le Falher.

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