TotalEnergies : 11,2 milliards de bénéfice dopés par la guerre en Iran

TotalEnergies affiche un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars au premier semestre 2026, en hausse de 73% sur un an, malgré la perte de 210 000 barils par jour de production au Moyen-Orient. Le Brent à 97 dollars le baril et l’explosion des marges de raffinage compensent largement les volumes perdus.

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TotalEnergies : 11,2 milliards de bénéfice dopés par la guerre en Iran © L'EnerGeek

La fermeture du détroit d’Ormuz a coûté à TotalEnergies 210 000 barils équivalent pétrole par jour au deuxième trimestre 2026. Pourtant, le groupe affiche un bénéfice net semestriel de 11,2 milliards de dollars, en hausse de 73% sur un an. L’explication tient en un chiffre : le Brent s’est envolé à 97 dollars le baril en moyenne sur le trimestre, propulsant les marges du raffinage à des niveaux jamais vus.

La perturbation au Moyen-Orient : 210 000 barils par jour perdus pour TotalEnergies

Fermeture du détroit d’Ormuz et impact sur la production directe

Le conflit entre la coalition israélo-américaine et l’Iran, déclenché fin février 2026, a provoqué la fermeture du détroit d’Ormuz, verrou stratégique par lequel transite près de 20% du pétrole mondial. TotalEnergies exploite plusieurs champs gaziers et pétroliers dans la région, notamment le gigantesque gisement gazier de South Pars en Iran et des participations dans des projets qataris. La majeure française a perdu en moyenne 210 000 barils équivalent pétrole par jour de production au Moyen-Orient durant le deuxième trimestre, selon les données publiées par le groupe. Cet arrêt forcé représente environ 6% de la production totale du groupe, qui s’élève habituellement à 3,5 millions de barils équivalent pétrole par jour.

Comment le groupe compense la perte : diversification et intégration verticale

TotalEnergies tire parti de son modèle intégré pour absorber le choc. Contrairement aux producteurs purs, le groupe français contrôle l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’extraction au raffinage, en passant par le transport et la distribution. Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, explique : « Dans un environnement de prix élevé en lien avec le conflit au Moyen-Orient, TotalEnergies tire parti de son modèle intégré et de sa diversification pour afficher au deuxième trimestre un résultat net ajusté de 6,0 milliards de dollars et un cash-flow de 9,8 milliards de dollars, en hausse de près de 15% sur le trimestre. » La diversification géographique joue également : les actifs en mer du Nord, en Afrique de l’Ouest et aux États-Unis continuent de produire normalement, compensant partiellement les volumes perdus au Moyen-Orient.

L’approvisionnement mondial perturbé : Brent à 97 dollars le baril

Hausse de 45% du prix du Brent en un an : conséquences pour les flux énergétiques

Le prix moyen du Brent a atteint 97 dollars le baril au deuxième trimestre 2026, contre 67 dollars un an plus tôt. Cette hausse de 45% reflète la panique sur les marchés énergétiques mondiaux face à la rupture des flux transitant par le détroit d’Ormuz. Les acheteurs asiatiques, privés de leur approvisionnement habituel depuis le Golfe Persique, se sont rabattus sur les bruts atlantiques, créant une compétition féroce sur les cargaisons disponibles. Les traders ont multiplié les opérations d’arbitrage entre bassins, gonflant les volumes de négoce. Pour TotalEnergies, producteur détenant des réserves en dehors de la zone de conflit, chaque baril vendu génère désormais une marge brute supérieure de 30 dollars à celle de l’année précédente.

Raffinage et négoce : les activités aval explosent avec une hausse de 362%

Le segment raffinage et chimie de TotalEnergies a enregistré un résultat de 1,8 milliard de dollars au deuxième trimestre, soit une progression de 362% par rapport à la même période en 2025. Les raffineries européennes du groupe, notamment celles de Normandie et d’Anvers, ont tourné à plein régime pour transformer les bruts disponibles en produits finis (essence, diesel, kérosène). Les marges de raffinage, qui mesurent l’écart entre le prix du brut acheté et celui des produits vendus, ont atteint des sommets historiques. Le crack spread (marge brute de raffinage) sur le diesel européen a dépassé 35 dollars par baril, contre une moyenne de 15 dollars en temps normal. Les activités de négoce, pilotées depuis Genève et Singapour, ont également profité de la volatilité extrême des marchés pour capturer des marges exceptionnelles sur les opérations de trading physique et financier.

Bénéfice net de 11,2 milliards : le modèle intégré en action

Cash-flow de 9,8 milliards : capacité d’investissement en énergie décarbonée

Le bénéfice net de TotalEnergies pour le premier semestre 2026 s’établit à 11,2 milliards de dollars, en hausse de 73% par rapport aux 6,5 milliards de dollars enregistrés sur la même période en 2025. Le deuxième trimestre à lui seul a généré 5,4 milliards de dollars de bénéfice net, soit exactement le double du résultat du deuxième trimestre 2025 (2,7 milliards). Le résultat net ajusté, qui exclut les éléments exceptionnels et les variations de stocks, atteint 6 milliards de dollars au deuxième trimestre, en progression de 67%. Le cash-flow opérationnel s’élève à 9,8 milliards de dollars sur le trimestre, en hausse de 15% par rapport au premier trimestre. Cette génération de trésorerie permet à TotalEnergies de financer simultanément ses investissements dans les énergies renouvelables (éolien offshore, solaire, batteries) et de rémunérer ses actionnaires. Le groupe a annoncé un programme de rachat d’actions de 1,5 milliard de dollars pour le troisième trimestre et une augmentation de 5,9% de l’acompte sur dividende. Les consommateurs français, confrontés à la flambée des prix à la pompe, voient le groupe maintenir un plafonnement à 1,99 euro par litre dans certaines stations, une mesure qui limite partiellement l’impact de la hausse du Brent sur leur pouvoir d’achat.

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