Pétrole : le Brent franchit les 95 dollars, première fois depuis six semaines

Le baril de Brent franchit 95,02 dollars mercredi, en hausse de 4,41%, tandis que le WTI atteint 88,16 dollars (+4,53%). Cette première rupture du seuil des 95 dollars depuis six semaines résulte des tensions au Moyen-Orient et des craintes sur les approvisionnements.

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Pétrole : le Brent franchit les 95 dollars, première fois depuis six semaines © L'EnerGeek

Le baril de pétrole de Brent de la mer du Nord a franchi mercredi la barre symbolique des 95 dollars pour la première fois depuis près de six semaines. Le contrat à terme pour livraison en septembre a atteint 95,02 dollars, soit une progression de 4,41% en une seule séance. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a suivi avec un cours à 88,16 dollars, en hausse de 4,53%. Les craintes d’un blocage des exportations depuis le Moyen-Orient expliquent cette flambée brutale des cours.

Franchissement du seuil des 95 dollars : les chiffres exacts

Brent de la mer du Nord : 95,02 dollars, progression de 4,41%

Le contrat septembre du Brent s’établit précisément à 95,02 dollars ce mercredi, marquant une rupture nette avec la tendance des dernières semaines. La hausse de 4,41% représente un gain de plus de 4 dollars en une seule journée de cotation. Ce niveau n’avait pas été atteint depuis début juin. Les volumes échangés ont augmenté de manière significative, témoignant d’une nervosité accrue des opérateurs face aux risques d’approvisionnement. Le Brent, extrait de la mer du Nord et livré via le terminal de Sullom Voe, constitue la référence mondiale pour environ deux tiers des contrats pétroliers internationaux.

West Texas Intermediate : 88,16 dollars en hausse de 4,53%

Le WTI, brut léger américain livré à Cushing (Oklahoma), affiche 88,16 dollars pour le contrat septembre. La hausse de 4,53% surpasse même celle du Brent en termes relatifs. L’écart de prix entre les deux références (spread Brent-WTI) s’établit à 6,86 dollars, reflétant les différences de qualité et de logistique. Le WTI, plus léger et moins soufré, reste prisé des raffineries américaines. Les stocks à Cushing, principal hub de stockage américain, influencent directement la volatilité du contrat. La corrélation entre les deux indices demeure forte, avec un coefficient supérieur à 0,90 sur les dernières semaines.

Contexte de marché : première rupture depuis six semaines

Volatilité accrue et facteurs de tension géopolitique

Kathleen Brooks, analyste chez XTB, souligne que « la hausse du prix du pétrole intervient après que le président Trump a minimisé la perspective de nouvelles discussions avec l’Iran. Le président américain a notamment déclaré que les États-Unis n’en avaient pas fini du tout avec l’Iran. » Les opérations militaires américaines pour la onzième nuit consécutive amplifient les craintes d’une perturbation durable des flux. Le détroit d’Ormuz, qui achemine environ 21 millions de barils par jour, cristallise les inquiétudes. Trois pétroliers saoudiens ont fait demi-tour pour éviter le détroit de Bab el-Mandeb, préférant le canal de Suez malgré les coûts supplémentaires.

Implications pour les contrats à terme et les traders

Les positions spéculatives nettes sur le Brent ont augmenté de 18% selon les dernières données du Commitment of Traders (COT). Les fonds spéculatifs anticipent une poursuite de la hausse à court terme. Les options d’achat (call) pour un Brent à 100 dollars en octobre connaissent une demande soutenue. La courbe des contrats à terme sont plus chers que les échéances lointaines, signe d’une tension immédiate sur l’offre. Les tensions sur le raffinage amplifient les pressions haussières sur le brut.

Indicateurs connexes : le gaz européen suit la tendance haussière

TTF néerlandais à 62,32 euros/MWh (+4,39%)

Le contrat à terme du TTF (Title Transfer Facility) néerlandais, référence européenne du gaz naturel, grimpe à 62,32 euros par mégawattheure, en progression de 4,39%. Jonathan Schroer, analyste chez UniCredit, explique que « le remplissage des réserves européennes avant l’hiver coïncide avec la hausse des besoins en électricité en Asie pour la climatisation pendant les mois d’été caractérisés par de fortes chaleurs. » Les exportations qataries de gaz naturel liquéfié (GNL), bloquées par les tensions régionales, aggravent la compétition pour l’acquisition de volumes. Le taux de remplissage des stockages européens atteint 68%, en retard de 5 points sur la moyenne quinquennale à cette période. Les stratégies énergétiques régionales évoluent face à ces tensions.

Kathleen Brooks avertit que « l’escalade du conflit continuera d’exercer une pression à la hausse sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, et les risques d’inflation augmentent chaque jour. » Les marchés à terme intègrent désormais une prime de risque géopolitique estimée entre 8 et 12 dollars par baril. TotalEnergies a réactivé le plafonnement des prix des carburants en France (1,99 euro/litre pour l’essence, 2,25 euros/litre pour le diesel) pendant plusieurs semaines. Les raffineurs européens, confrontés à des marges de craquage réduites, répercutent partiellement ces hausses.

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