La Chine a tellement investi dans le solaire et l’éolien que la crise pétrolière mondiale la secoue à peine

La Chine, face à la crise pétrolière mondiale, transforme sa dépendance énergétique en modèle de sécurité.

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La Chine a tellement investi dans le solaire et l'éolien que la crise pétrolière mondiale la secoue à peine
La Chine a tellement investi dans le solaire et l’éolien que la crise pétrolière mondiale la secoue à peine © L'EnerGeek

Alors que le monde traverse une crise pétrolière historique liée au conflit entre les États‑Unis, Israël et l’Iran, la Chine fait preuve d’une résilience notable. Sous la direction de Xi Jinping, le pays a, depuis plus de dix ans, massivement investi dans les énergies renouvelables, transformant sa dépendance énergétique en un modèle de sécurité et de longévité. CNN a interrogé Erica Downs, qui estime que c’est « le test le plus sévère » pour la stratégie d’énergie verte chinoise, un test que la Chine semble bien réussir.

Une stratégie pensée sur le long terme

Avec Xi Jinping aux commandes, la Chine s’est fixé un objectif clair : renforcer son indépendance énergétique face à un environnement international instable. La stratégie mise en place anticipe les pires scénarios pour privilégier la sécurité nationale. Le pays a ainsi investi massivement dans les énergies renouvelables, en développant l’éolien, le solaire et l’hydroélectricité. On trouve de vastes fermes solaires et éoliennes sur les plateaux intérieurs et le long des côtes. Environ un tiers des capacités hydrauliques mondiales se situe en Chine, et de nouveaux barrages sont en construction dans l’Ouest montagneux.

Parallèlement, la Chine vise à contrôler les chaînes d’approvisionnement des matériaux critiques et mise sur des technologies de rupture comme la fusion nucléaire et l’hydrogène « vert » pour améliorer sa capacité de stockage. Côté mobilité et stockage, les entreprises chinoises fabriquent des batteries à bas coût, poussant l’électrification progressive du parc automobile avec des véhicules électriques.

Diversifier et sécuriser les approvisionnements en fossiles

En parallèle de la transition, la Chine continue de sécuriser ses approvisionnements en énergies fossiles. Les géants énergétiques d’État explorent et forent dans des gisements terrestres et offshore, notamment dans les déserts et sur les fonds marins. La Chine a aussi investi dans des oléoducs et gazoducs reliant l’Asie centrale, la Russie et la Birmanie. Depuis l’invasion de l’Ukraine, la Russie est devenue un fournisseur clé pour le pétrole chinois. En outre, la Chine a constitué des stocks stratégiques de brut suffisants pour lui permettre de tenir plusieurs mois.

Malgré ces progrès, le pays reste dépendant de l’étranger pour 15 % de son énergie totale, pour près de 70 % de son pétrole, et pour 40 % de son gaz naturel. Les vastes gisements de charbon du nord servent toujours de filet de sécurité dans le mix énergétique national.

Ce que la crise change pour l’économie et la géopolitique

La hausse des prix des carburants a touché la Chine elle aussi. Les coûts de transport et des matières premières ont augmenté, ce qui a fait remonter les prix à la sortie d’usine. Pour limiter la casse, les autorités ont autorisé les raffineries à puiser dans les réserves commerciales et pris d’autres mesures pour modérer la hausse de l’essence et du diesel.

Sur le plan des routes maritimes, la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran en mars a été particulièrement sensible pour la Chine : près de la moitié de ses importations de brut et un sixième de son gaz naturel transitent par ce détroit. Cette vulnérabilité souligne l’importance de la stratégie chinoise visant l’autosuffisance énergétique.

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