Le gouvernement de l’administration Trump a annoncé qu’il versera près de 920 millions d’euros à la société française TotalEnergies pour que celle-ci renonce à ses projets d’éolien offshore dans l’océan Atlantique, rapporte CNN. Ce revirement met fin à des projets d’éolien offshore au profit d’investissements dans les énergies fossiles aux États-Unis, et suscite des questions et des critiques parmi différents acteurs du secteur, notamment TotalEnergies.
Un virage stratégique
Sous l’administration Trump, le Département de la Justice des États-Unis utilisera des fonds publics pour rembourser les frais de baux fédéraux que TotalEnergies avait payés sous l’ancienne administration Biden. Ce remboursement marque la première étape d’une stratégie visant à empêcher le développement de parcs éoliens offshore avant même leur mise en œuvre. TotalEnergies, dirigée par son PDG Patrick Pouyanné, se réoriente donc vers des projets fossiles sur le sol américain, incluant une usine de gaz naturel liquéfié (GNL) au Texas, des opérations de forage dans le golfe du Mexique, ainsi que de l’exploitation de pétrole de schiste ailleurs dans le pays.
Donald Trump, président en fonction, a souvent montré son hostilité envers l’éolien offshore, le qualifiant de coûteux et peu fiable. Ses propos ont trouvé un écho chez Doug Burgum, secrétaire à l’Intérieur, qui affirme que ces choix permettront de fournir une électricité plus « fiable et abordable » aux consommateurs américains.
Ce que disent les acteurs concernés
La décision de rembourser ces projets a déclenché de nombreuses critiques. Elizabeth Klein, ancienne directrice du Bureau of Ocean Energy Management sous Biden, estime que cette mesure ne fera qu’aggraver le déficit énergétique et accentuer la hausse des prix de l’énergie, surtout sur la côte Est. Sam Salustro, de l’association Oceantic Network, soutient que retirer des projets éoliens prive les Américains d’une énergie locale abordable et que la décision relève en grande partie d’un « théâtre politique ».
Parmi les entreprises touchées, RWE, acteur allemand des énergies renouvelables, s’est dit également préoccupé. Markus Krebber, PDG de RWE, et un porte-parole de l’entreprise ont indiqué qu’ils s’attendraient à un remboursement similaire si leurs projets étaient aussi bloqués. RWE a déjà déboursé plus de 1,1 milliard d’euros pour des baux au large de New York, de la Californie et du golfe du Mexique.






