Alors que la transition énergétique s’accélère, le solaire et l’éolien deviennent des piliers majeurs de la production d’énergie renouvelable. Leur caractère intermittent reste un obstacle important. Des chercheurs de Stanford University proposent une solution : exploiter la géothermie profonde, autrement dit les Systèmes géothermiques améliorés. Cette option pourrait assurer une production continue et aider fortement à la décarbonation mondiale.
La chaleur du sous-sol, encore trop peu exploitée
La géothermie consiste à utiliser la chaleur naturellement présente dans le sous-sol. Encore sous-exploitée, elle s’appuie en partie sur les nappes aquifères et sur la chaleur générée par des éléments radioactifs comme le radium, l’uranium, le thorium, le potassium et le radon, qui réchauffent les roches souterraines. Cette énergie est disponible en continu, donc indépendante des variations saisonnières et météorologiques, explique Futura Sciences.
La géothermie peu profonde présente déjà des avantages : elle est stable, fiable et faiblement émettrice en CO2 lors de son exploitation. Elle permet un approvisionnement constant, sans interruption, 24h/24. Pourtant, son potentiel pour des usages à grande échelle reste encore largement à explorer.
Ce que les systèmes géothermiques améliorés peuvent apporter
L’étude récemment publiée dans Cell Reports par l’équipe de Stanford University met en avant l’EGS, capable d’exploiter des températures très élevées, entre 90 °C et 300 °C, à des profondeurs allant de -600 à -3 000 mètres. Contrairement à la géothermie conventionnelle, qui dépend de réservoirs inégalement répartis, l’EGS peut puiser la chaleur dans beaucoup plus d’endroits, ce qui représente un gain énergétique substantiel.
L’EGS pourrait produire, en grande quantité, de façon stable et à faible coût, non seulement de l’électricité propre mais aussi du chauffage urbain. Son potentiel stratégique est énorme : la géothermie profonde pourrait devenir le premier vecteur de la transition énergétique mondiale. Des avancées technologiques issues des secteurs du pétrole et du gaz ont accéléré les forages et amélioré les capacités d’extraction, rendant l’exploitation de la chaleur profonde économiquement viable.
Moins d’infrastructures à construire pour les renouvelables
Intégrer l’EGS au mix énergétique pourrait réduire la taille des infrastructures nécessaires pour soutenir le solaire, l’éolien intermittents et le stockage par batteries. Si l’EGS couvrait 10 % de l’approvisionnement en électricité, cela diminuerait les nouvelles capacités requises de :
- 15 % pour l’éolien terrestre
- 12 % pour le solaire
- 28 % pour les batteries
La surface nécessaire pour produire de l’électricité propre passerait alors de 0,57 % à 0,48 % de la superficie totale des pays, une réduction importante à l’heure de la prolifération des centres de données mondiaux.
Le développement intensifié de l’EGS pourrait, dans les dix prochaines années, éliminer progressivement le recours au charbon et au nucléaire, remplaçant ces sources par une énergie durable et plus écologique.






