La France s’apprête à dévoiler la nouvelle édition de sa Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), un document stratégique attendu depuis 2,5 ans qui orientera la politique énergétique nationale jusqu’en 2035. Alors que les débats sur la part du nucléaire et des énergies renouvelables ont retardé sa publication, la signature du décret est désormais imminente, comme l’a annoncé le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Signature imminente : où on en est
Sébastien Lecornu a dit dans un entretien à la presse régionale que le décret signant la publication de la PPE sera formalisé « en fin de semaine prochaine ». Ce geste marque l’urgence d’établir une ligne directrice claire pour l’énergie, notamment après des discussions intenses sur le futur mix énergétique de la France. « Les débats ont largement eu lieu », a-t-il affirmé, justifiant ainsi la nécessité d’avancer.
Les objectifs principaux de la PPE visent à équilibrer l’approvisionnement énergétique en conciliant l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables, explique BFMTV. Dans ce cadre, la feuille de route énergétique française prévoit l’inscription de six réacteurs EPR (EPR = réacteur pressurisé européen) dans la PPE et huit autres en option. Ce choix est en ligne avec les promesses du Président Emmanuel Macron faites à Belfort en 2022.
Renouvelables : investir, mais freiner certains chantiers
Le gouvernement prévoit aussi d’investir dans des sources d’énergie renouvelable comme l’éolien en mer, le photovoltaïque et la géothermie. Toutefois, un ralentissement de l’éolien terrestre et du photovoltaïque est programmé, expliqué par un avancement moins rapide que prévu de l’électrification de l’économie. L’éolien terrestre, souvent source de conflits locaux, fera l’objet d’une priorité de remotorisation des parcs existants avec des turbines plus puissantes pour limiter le mitage du paysage.
Cette stratégie est liée à une volonté de maîtrise des prix de l’électricité. Sébastien Lecornu a ainsi assuré que « le prix de l’électricité n’augmentera pas en France », grâce à une « stratégie ambitieuse d’offre ».
Électrification : le plan pour accompagner le changement
Pour accompagner ces orientations, le gouvernement prévoit également une « grande stratégie d’électrification des usages ». Ce plan ciblera la mobilité, le bâtiment et l’industrie, afin de favoriser un changement vers une consommation électrique plus importante, qui devrait atteindre 60 % de la consommation totale en 2030. Ce dispositif inclura des incitations pour accélérer ce tournant vers une économie plus électrique.
Le professeur Thierry Bros, expert à l’Energy Delta Institute, a souligné que même avec des aides, il sera difficile de convaincre les ménages de changer rapidement leurs chaudières tandis que l’industrie s’efforce de s’adapter.






