Donald Trump menace de représailles les pays qui livrent du pétrole à Cuba

Donald Trump vient de signer un nouveau décret. Ce dernier prévoit des hausses de droits de douane sur les pays vendeurs de pétrole à Cuba.

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Donald Trump menace de représailles les pays qui livrent du pétrole à Cuba © L'EnerGeek

Cuba est soumis à un embargo américain très strict depuis 1962. Mais Donald Trump souhaite aller encore plus loin. Il vient de signer un décret visant à augmenter les droits de douane à l’encontre des pays qui fournissent du pétrole au régime communiste cubain.


Donald Trump met la pression sur l’approvisionnement en pétrole de Cuba


Le président des États-Unis, Donald Trump, a signé le 29 janvier 2026 un décret exécutif majeur autorisant l’administration américaine à imposer des droits de douane supplémentaires sur les importations en provenance des pays qui vendent ou fournissent du pétrole à Cuba. Cette mesure intensifie encore la pression économique sur l’île caribéenne. Ce nouvel instrument de pression commerciale et politique intervient dans un contexte de tensions régionales accrues, alors que Cuba fait face à une grave crise énergétique et demeure dépendante des importations pétrolières pour sa production d’électricité et son fonctionnement économique.


Selon le texte publié par la Maison-Blanche, le décret s’appuie sur une déclaration d’« état d’urgence » liée à une « menace exceptionnelle » que Cuba ferait peser sur la sécurité nationale des États-Unis, invoquant notamment l’alignement de La Havane avec certains États, organisations ou acteurs jugés hostiles par Washington. Ce mécanisme permettrait aux autorités américaines, notamment au secrétaire d’État et au secrétaire au Commerce, d’évaluer et de décider, au cas par cas, l’imposition de droits de douane supplémentaires sur des biens provenant des États exportateurs de pétrole vers Cuba. Les taux précis de ces droits de douane n’ont pas été divulgués dans le décret lui-même.


Cette démarche s’inscrit dans une série de mesures plus larges de pression économique et politique de l’administration américaine envers Cuba, renforçant un embargo déjà en place depuis plusieurs décennies.


Contexte énergétique : Cuba face à un manque chronique de pétrole


Le secteur énergétique cubain est aujourd’hui fragilisé. Après l’interruption des livraisons de pétrole vénézuélien à la suite d’une opération militaire américaine ayant conduit à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, l’île dépend désormais de niveaux d’importation fluctuants pour satisfaire ses besoins énergétiques essentiels. Avant cette crise, le Mexique figurait parmi les rares fournisseurs encore actifs. Les données disponibles montrent que la compagnie pétrolière mexicaine Pemex avait exporté environ 17 200 barils par jour de pétrole brut vers Cuba entre janvier et septembre 2025, ainsi que 2 000 barils par jour de produits dérivés.


Cependant, ces livraisons ont fortement diminué. La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a confirmé que certaines expéditions avaient été interrompues, tout en insistant sur le fait que ces décisions relèvent de la souveraineté nationale et de considérations contractuelles ou humanitaires, indépendantes de toute pression extérieure.


Cette baisse dramatique des approvisionnements s’ajoute à une pénurie énergétique profonde : des données récentes indiquent que Cuba ne disposait plus que de 15 à 20 jours d’approvisionnement en pétrole à la fin du mois de janvier 2026, entraînant des coupures de courant récurrentes et de longues files d’attente pour le carburant.


Les autorités cubaines ont dénoncé cette mesure comme une « agression brutale » et une nouvelle escalade des États-Unis contre Cuba, accusant Washington de recourir à des tactiques coercitives qui aggraveraient les souffrances du peuple cubain, déjà confronté à des pénuries chroniques et à une situation économique difficile. Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a qualifié l’action américaine de tentative de « soumettre Cuba à des conditions de vie extrêmes », appelant la communauté internationale à condamner ces pratiques.

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