Le monde n’a jamais autant consommé de charbon qu’en 2025. Le rapport de l’Agence internationale de l’énergie pointe une explosion de la demande. Pourtant, elle estime que sa consommation va baisser dans les prochaines années.
Consommation de charbon record en 2025
En 2025, la consommation mondiale de charbon franchit un seuil historique. D’après l’Agence internationale de l’énergie, la demande globale progresse encore par rapport à 2024, année déjà record, confirmant le rôle central du charbon dans le système énergétique mondial, malgré son impact majeur sur les émissions de CO₂.
La consommation de charbon atteint en 2025 un niveau inédit à l’échelle mondiale. Selon le rapport annuel publié le 17 décembre par l’Agence internationale de l’énergie, la demande progresse d’environ 0,5 % par rapport à 2024, pour s’établir à 8,85 milliards de tonnes. Ainsi, malgré les discours sur la transition énergétique, le charbon reste massivement utilisé dans le monde, en particulier pour la production d’électricité.
Après le sommet atteint en 2024, la trajectoire mondiale du charbon ne s’infléchit pas immédiatement. Au contraire, 2025 s’achemine vers un « nouveau record historique » de consommation. Le charbon demeure le principal contributeur aux émissions de CO₂ d’origine humaine, ce qui renforce les inquiétudes climatiques, alors même que 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée dans le monde, selon les données climatiques rappelées par l’agence.
Charbon et électricité : un plateau mondial avant un possible recul
Malgré ce record, l’Agence internationale de l’énergie observe un changement progressif de dynamique. Selon le rapport, la consommation mondiale de charbon « a atteint un plateau » et « devrait légèrement diminuer d’ici 2030 », revenant à un niveau proche de celui de 2023. Cette évolution s’explique par une transformation du mix énergétique mondial, même si elle reste lente.
La production d’électricité à partir du charbon représente aujourd’hui environ les deux tiers de la consommation totale de charbon dans le monde, selon l’AIE. Toutefois, avec l’envolée des capacités renouvelables, l’expansion régulière du nucléaire et l’arrivée sur le marché d’une « énorme vague de gaz naturel liquéfié », la production électrique issue du charbon « devrait reculer à partir de 2026 », souligne l’agence internationale.
La consommation de charbon varie fortement selon les régions du monde, ce qui explique la persistance du record mondial. En Chine, qui représente à elle seule 56 % de la demande mondiale de charbon, l’utilisation est restée globalement stable en 2025 par rapport à 2024. Ce maintien de la consommation chinoise pèse lourdement sur le niveau global, compte tenu du poids du pays sur le marché mondial. Dans l’Union européenne, la consommation de charbon recule, mais de façon beaucoup plus modérée que les années précédentes. Selon l’AIE, la demande n’a diminué que de 3 % en 2025, après une baisse moyenne de 18 % en 2023 et 2024. Cette moindre baisse s’explique principalement par une faible production hydroélectrique et éolienne au premier semestre.






