L’énergie géothermique est souvent présentée comme une ressource quasiment illimitée sur Terre. Pourtant, aux États-Unis, elle ne compte que pour une toute petite part de la production électrique. Pour changer la donne, la start-up Mazama Energy s’est lancée dans un projet ambitieux : exploiter les « roches super chaudes » de l’Oregon. Sous la direction de Sriram Vasantharajan, ce projet pourrait bien marquer une étape importante dans l’exploitation géothermique.
Comment ils exploitent la chaleur du sous-sol
Le projet de Mazama Energy vise le volcan Newberry, à environ 30 km au sud de Bend. Classé à « très haut risque » par l’United States Geological Survey (USGS), Newberry présente un fort potentiel : ses roches volcaniques sont surchauffées, avec des températures supérieures à 370 °C.
Plutôt que de compter sur des fluides souterrains naturels, Mazama injecte de l’eau dans ces roches sèches par fracturation hydraulique. L’idée est de créer de la chaleur que l’eau récupère, puis de l’utiliser pour faire tourner des turbines. L’eau circule en circuit fermé dans des puits scellés, généralement à des profondeurs inférieures aux nappes phréatiques.
Ce procédé promet un rendement bien supérieur : il pourrait générer entre 5 et 10 fois plus d’énergie que des centrales géothermiques classiques. Sriram Vasantharajan illustre le principe en disant : «L’eau [liquide], c’est Clark Kent quand elle descend. Puis, elle est chauffée, et quand elle remonte, c’est Superman», cite Slate.
Le potentiel pour les États-Unis et le monde
Aujourd’hui, seulement sept centrales géothermiques tournent à l’ouest des États-Unis, ce qui représente environ 0,4 % de la production électrique nationale. Selon un modèle de la Clean Air Task Force, près de 20 % du territoire américain pourrait accueillir des projets similaires. En comparaison, l’Islande produit plus de 25 % de son électricité grâce à la géothermie.
Pour Mazama Energy, l’objectif initial est de produire 15 MW d’électricité d’ici 2026, avec une montée en puissance jusqu’à 200 MW par la suite. Théoriquement, le volcan Newberry pourrait fournir jusqu’à 5 GW, soit environ les deux tiers de la production énergétique actuelle de l’Oregon.
À plus grande échelle, des experts estiment que la géothermie pourrait représenter 16 % du mix énergétique américain d’ici 2050.
Quels risques et comment les réduire
La technique n’est pas sans risques. Il existe un danger de séismes induits par des modifications de la pression souterraine (un phénomène observé en 2018 en Corée du Sud). Volcanologues et autres spécialistes rappellent toutefois que ces risques peuvent être gérés par une surveillance rigoureuse et une ingénierie adaptée.
L’infrastructure prévue comprend des mesures de sécurité renforcée pour limiter les répercussions environnementales et le risque sismique.






