Aucun candidat pour le parc éolien d’Oléron

Aucun candidat ne s’est déclaré pour mener à bien le projet éolien d’Oléron. L’appel d’offre s’est révélé infructueux, un camouflet.

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Aucun candidat pour le parc éolien d’Oléron © L'EnerGeek

L’appel d’offres concernant le futur parc éolien d’Oléron a fait chou blanc. Aucun candidat ne s’est manifesté. Le projet, très contesté, paraît aujourd’hui au point mort.


Le parc éolien d’Oléron ne trouve pas preneur


Le 24 septembre 2025, la Commission de régulation de l’énergie a confirmé que l’appel d’offres concernant le parc éolien en mer « Oléron 1 », situé à une quarantaine de kilomètres au large de l’île d’Oléron, n’a reçu aucune proposition. Cet échec, largement commenté dans le secteur de l’énergie, pose la question de la viabilité économique et technique d’un projet pourtant présenté comme emblématique de la transition énergétique française.


Pensé dès le début des années 2020, le projet AO7 devait donner naissance à un vaste parc éolien marin entre 35 et 70 turbines, pour une puissance totale comprise entre 500 et 1 000 mégawatts, soit l’équivalent de la consommation électrique annuelle de près d’un million d’habitants selon les estimations. L’investissement nécessaire, évalué entre 1,5 et 3 milliards d’euros, devait permettre de doter la façade atlantique d’une infrastructure stratégique, complémentaire des futurs parcs posés et flottants.


Pourtant, malgré l’enjeu énergétique, la consultation a tourné court. Neuf industriels avaient été présélectionnés par la Commission de régulation de l’énergie, parmi lesquels figuraient TotalEnergies, RWE, Iberdrola, EDF, Qair ou encore Skyborn-Cobra. Tous ont progressivement jeté l’éponge.


Cet abandon collectif s’explique d’abord par les conditions économiques fixées par l’État. Le prix plafond pour la vente de l’électricité produite avait été fixé à 100 euros le mégawattheure. Or, selon le secteur, c’est impossible à ce tarif-là.


Des contraintes techniques redoutées


Au-delà du plan financier, la zone choisie s’est révélée particulièrement complexe. Située à 40 kilomètres des côtes oléronaises, le site présente une profondeur pouvant atteindre 70 mètres, une donnée inhabituelle pour des éoliennes posées. Ces caractéristiques nécessitent des fondations renforcées, plus onéreuses et plus difficiles à installer qu’ailleurs.


Les industriels avaient alerté à plusieurs reprises sur ces contraintes. Certains se sont retirés dès la phase de préparation, à l’image de TotalEnergies ou Iberdrola, laissant un temps supposer qu’Ocean Winds resterait seul en lice. Mais la filiale commune d’Engie et EDPR n’a finalement pas validé d’offre. Ce désengagement souligne un paradoxe : alors que la France affiche des objectifs ambitieux de développement de l’éolien en mer, avec une cible de 18 GW installés à l’horizon 2035, certains sites stratégiques s’avèrent si complexes que même les majors du secteur refusent de s’y engager.


Un projet contesté


L’échec du projet ne tient pas seulement à la technique ou à la rentabilité. Le parc d’Oléron était contesté depuis son annonce, tant par des associations environnementales que par des acteurs de la pêche. Dès 2021, plusieurs collectifs locaux dénonçaient une atteinte à la biodiversité et une dégradation des paysages marins. Ces critiques se sont renforcées à mesure que le projet prenait de l’ampleur.


Pour les pêcheurs, la perspective de voir s’ériger entre 35 et 70 mâts d’acier sur une zone de production halieutique sensible suscitait de fortes inquiétudes. Du côté des associations écologistes, l’impact sur les oiseaux migrateurs et les mammifères marins a souvent été mis en avant. Si ces arguments n’ont pas suffi à eux seuls à faire dérailler le projet, ils ont contribué à renforcer le climat de défiance.

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