Arrêt prolongé à Flamanville : la raison du retard jusqu’en octobre fait grincer des dents

Le redémarrage de l’EPR de Flamanville, initialement prévu cet été, est repoussé à l’automne à cause de problèmes inattendus.

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Arrêt prolongé à Flamanville : la raison du retard jusqu’en octobre fait grincer des dents
Arrêt prolongé à Flamanville : la raison du retard jusqu’en octobre fait grincer des dents © L'EnerGeek

L’EPR de Flamanville, installé dans la Manche, fait face à un nouveau contretemps. Alors qu’on s’attendait à le voir fonctionner à pleine capacité avant la fin de l’été, son redémarrage est maintenant repoussé à l’automne. Ce décalage soulève bien des questions et rappelle les défis techniques que représente la remise en service d’un réacteur en France, une première depuis 25 ans.

Une situation technique compliquée

L’EPR est à l’arrêt depuis juin 2025. D’abord, le redémarrage était prévu pour début juillet, puis repoussé au 13 août. Aujourd’hui, EDF fixe le 1er octobre comme nouvelle date de reprise. Ce délai s’explique surtout par des problèmes d’étanchéité constatés sur deux des trois soupapes situées au sommet du pressuriseur du réacteur. Même si aucun dysfonctionnement majeur n’a été relevé, EDF a jugé nécessaire de lancer des contrôles minutieux pour assurer la sécurité du système.

Les soupapes concernées sont les numéros 1, 2 et 3. Pour les soupapes 2 et 3, il a fallu prévoir des travaux de vérification et une opération de rodage – une méthode de polissage fin qui vise à éliminer les irrégularités et obtenir une fermeture parfaitement hermétique. Même sans anomalie constatée, la soupape numéro 1 bénéficiera également de cette opération.

La production d’énergie en ligne de mire

EDF assure que ce contretemps ne viendra pas bouleverser ses prévisions en matière de production d’électricité nucléaire pour 2025. La remontée en puissance du parc existant devrait compenser le retard pris par l’EPR de Flamanville. La mise en service de ce réacteur représentait déjà un sacré défi pour l’entreprise. Comme EDF l’exprime : « La mise en service d’un réacteur nucléaire, une première en France depuis un quart de siècle, n’avait rien d’une évidence, des arrêts allaient survenir. »

Le souci a été détecté dès le 19 juin, quand un problème sur une des soupapes a été relevé. Ce genre d’incident montre bien que même les infrastructures nucléaires de pointe peuvent se heurter à des difficultés techniques.

Perspectives et défis à venir

À l’origine, on espérait que l’EPR atteindrait sa pleine puissance avant la fin de l’été 2025. Désormais, cette échéance est reculée à la fin de l’automne. Les travaux sur les soupapes doivent être complètement terminés avant de reprendre les essais du réacteur opérationnel.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) suit la situation de très près et considère cet épisode comme important pour la sécurité nucléaire. Le vrai défi est d’ordre technique mais aussi organisationnel, afin de respecter les nouvelles échéances tout en maintenant la sécurité et le rendement attendu du réacteur.

La situation à Flamanville invite à réfléchir aux enjeux stratégiques liés à la transition énergétique en France et au rôle central des installations nucléaires dans cet avenir énergétique.

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