La centrale nucléaire de Civaux, dans la Vienne, est une nouvelle fois sous le feu des projecteurs à cause de problèmes persistants de corrosion. Des débuts de corrosion par effet de contrainte ont été repérés sur le réacteur 2, ce qui relance les inquiétudes sur la sécurité et la solidité des installations. On se souvient que ce souci avait déjà nécessité d’importantes interventions dans le passé et cela pourrait même entraîner un arrêt prolongé du réacteur concerné.
Découverte qui inquiète
Les anomalies ont été mises en évidence grâce à des contrôles par ultrasons réalisés sur deux tronçons de tuyauterie récemment remplacées. Les analyses ont montré des « images non attendues », laissant supposer un éventuel début de corrosion. Même si ces premières fissures (très fines, qualifiées de « minuscules dans le métal ») ne paraissent pas dramatiques à première vue, leur présence reste redoutable. Pour rappel, les tuyauteries remplacées en 2022 présentaient déjà des fissures allant jusqu’à 5,6 millimètres.
Un passé déjà chargé
Civaux n’en est pas à sa première mésaventure de ce genre. Fin 2021, une corrosion par effet de contrainte avait été détectée sur certains réacteurs, déclenchant un important programme de contrôles et de réparations mis en œuvre en 2022. À l’époque, cela avait forcé l’arrêt temporaire d’une grande partie du parc nucléaire français, causant ainsi à EDF des pertes financières record cette année-là. Par ailleurs, il y a trois ans, un problème similaire avait été repéré sur le circuit d’injection de sécurité du réacteur numéro un.
Conséquences et mesures en cours
Face à ces nouvelles observations, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) envisage même un « arrêt technique prolongé ». Les sections affectées ont été découpées pour permettre une analyse approfondie. Bien qu’auparavant, EDF et l’ASNR aient conclu à l’absence de risque immédiat de rupture, ils avaient tout de même ordonné, par mesure de précaution, le remplacement complet des conduites suspectes.
Désormais, des analyses pointues sont en cours pour déterminer si ces images inattendues témoignent réellement d’une nouvelle corrosion par effet de contrainte ou si d’autres facteurs, tels que la durabilité du béton, entrent en jeu. Le professeur Roger Gil, qui préside la commission locale d’information (CLI) de Civaux, a précisé : « On saura d’ici 15 jours s’il y a des microfissures. ».
Perspectives et retombées
Les résultats des analyses devraient être disponibles dans deux semaines, période à partir de laquelle l’ASNR pourra confirmer ou infirmer la présence d’une nouvelle corrosion par effet de contrainte. Parallèlement, depuis mars dernier, la centrale collabore avec le ministère des Armées et EDF pour produire du tritium.
Le bon fonctionnement du parc nucléaire français reste une préoccupation forte dans la mesure où les défis énergétiques actuels animent les débats à l’échelle nationale et internationale. La sécurité des installations demeure donc une priorité pour garantir non seulement l’approvisionnement en énergie mais aussi pour rassurer les usagers.






