Le 3 juillet 2025, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a donné son feu vert pour le prolongement de 20 réacteurs nucléaires français de 1 300 MW au-delà de leurs 40 ans d’exploitation initialement prévus. Une décision phare qui se place dans le cadre d’une relance du nucléaire en France et de la transition énergétique amorcée ces dernières années.
Parc nucléaire français : une prolongation pour assurer la transition énergétique
L’ASN a validé la poursuite de l’exploitation des réacteurs vieillissants d’EDF pour une décennie supplémentaire, jusqu’en 2040. Ces réacteurs de 1 300 MWe, dont les premiers ont été mis en service entre 1980 et 1986, sont répartis sur plusieurs sites clés du parc nucléaire français, notamment Paluel, Saint-Alban, Flamanville, Belleville-sur-Loire, Cattenom, Golfech, Nogent-sur-Seine et Penly. Ces réacteurs représentent environ un tiers du parc nucléaire français, un maillon crucial pour maintenir une production d’électricité bas carbone et stable en France.
Cette décision s’inscrit dans une phase de réexamen complet des installations, un processus normé, qui a débuté dès janvier 2025 et s’est conclu en juin 2025. Le réexamen a porté sur les conditions de sécurité et les dispositions prises par EDF pour garantir la sûreté des réacteurs pour cette période supplémentaire.
Le programme de « grand carénage » : un chantier titanesque
Le prolongement de ces réacteurs s’accompagne toutefois de travaux colossaux, relaye Le Figaro. L’opération, appelée « grand carénage », vise à renforcer la sûreté des installations existantes en les mettant à niveau selon les normes actuelles. Ce programme inclut des rénovations et des inspections approfondies des équipements, des systèmes de refroidissement aux circuits électriques, en passant par les mécanismes de confinement et de gestion des risques sismiques et climatiques. Ces travaux doivent garantir que les réacteurs continueront de répondre aux critères de sécurité les plus stricts, similaires à ceux des réacteurs de nouvelle génération comme l’EPR.
Les travaux commenceront dès 2026, avec le réacteur de Paluel en Normandie, et se poursuivront jusqu’en 2040. Ils nécessiteront un investissement de 6 milliards d’euros. Les réacteurs concernés, ayant déjà fonctionné pendant près de 40 ans, devront subir des tests de vieillissement accéléré pour évaluer leur résilience à long terme. Ces réacteurs doivent également intégrer des améliorations en matière de sécurité, comme des systèmes de contrôle plus performants et des dispositifs de gestion des déchets radioactifs renforcés.
La France confirme ses ambitions nucléaires
Cette décision intervient alors que la France s’engage résolument dans un renouveau du nucléaire. Le gouvernement a récemment validé le contrat de filière nucléaire 2025-2028, soutenant la construction de six réacteurs EPR2, des réacteurs de troisième génération plus performants. Cette relance du nucléaire fait écho à un contexte de débat sur l’avenir énergétique du pays.
Les opposants à cette prolongation soulignent les risques associés au vieillissement des réacteurs et questionnent la pertinence d’investir dans des installations qui ont déjà dépassé leur durée de vie initiale. Ils soulignent également le besoin impératif de diversifier le mix énergétique français en développant davantage les énergies renouvelables telles que l’éolien et le solaire.
De leur côté, les partisans de cette relance du nucléaire soulignent l’importance d’assurer une transition énergétique maîtrisée, avec un équilibre entre la production d’énergie décarbonée et les exigences de sécurité. Pour eux, la prolongation de la vie des réacteurs existants constitue une solution pragmatique pour assurer une stabilité de l’approvisionnement en électricité, surtout à l’approche de l’échéance de la fermeture de plusieurs centrales fossiles.






