Nouvelle alerte concernant le manque d’eau. Selon des projections, si rien n’est entrepris, l’immense majorité du territoire français se trouvera en situation de stress hydrique d’ici 2050. En cause : des sécheresses à répétition.
La France va connaître un manque d’eau généralisé d’ici 2050
Le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP) lance une alerte à la fois claire et accablante : 88 % du territoire français risque de basculer en stress hydrique à l’horizon 2050. Ce scénario se concrétisera si les pratiques actuelles, tous secteurs confondus, ne sont pas radicalement transformées. Et même dans le cas d’un virage assumé vers une sobriété hydrique, le risque concernerait encore 64 % du pays.
Le message n’a rien d’un simple avertissement. Selon la note rendue publique, « sans inflexion des tendances actuelles, 88 % du territoire hexagonal pourrait être en situation de tension modérée ou sévère en été ». On parle bien ici d’un avenir où les restrictions ne seraient plus ponctuelles, mais généralisées, récurrentes, imposées aussi bien aux particuliers qu’aux industriels ou aux agriculteurs. En somme, une bascule structurelle.
La France n’a pas attendu 2050 pour ressentir les premières secousses. L’été 2022, déjà, avait offert un avant-goût brutal : arrêtés de restriction à la chaîne, rivières asséchées, conflits d’usage, agriculture à genoux. Ce n’était qu’un prélude. Car désormais, la menace n’est plus saisonnière : elle est systémique.
Des solutions envisagées
Le rapport du HCSP, fondé sur l’étude Explore 2 de l’Inrae, évoque une dégradation inévitable de la situation hydrique entre 2020 et 2050. « Près de 90 % des bassins versants sont touchés par une dégradation de la situation hydrique », alerte Hélène Arambourou, coautrice du rapport. Même dans un scénario optimiste de sobriété, un bassin versant sur deux resterait concerné. Le Sud-Est et le Sud-Ouest paieront le tribut le plus lourd. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit de régions agricoles fortement dépendantes de l’irrigation. Dans ces zones, « la tension relative aux consommations pourrait être forte, notamment du fait de l’irrigation des cultures », précise la note.
La réponse du gouvernement a pris forme depuis mars 2023 avec le Plan Eau. Objectif affiché : atteindre 10 % de réutilisation des eaux usées traitées d’ici 2030. Une promesse bien faible au regard de la gravité du problème. Car, en face, la pression monte, les nappes baissent et les usages explosent. Et les experts sont formels : seule une rupture franche peut inverser la tendance.
Les projections sont implacables : d’ici 25 ans, 40 % de baisse des débits estivaux dans les rivières, selon l’Inrae. Les petits cours d’eau déjà intermittents ? De simples cicatrices sur les cartes hydrologiques. Et partout, une tension constante sur les ressources : nappes surexploitées, conflits d’usage, effondrement des écosystèmes aquatiques.
La note du HCSP évoque un modèle sobre en eau, tous secteurs confondus. Cela signifie, entre autres : une régulation plus stricte des surfaces irriguées, un développement massif de l’agroécologie, la généralisation de la réutilisation des eaux usées, ou encore une transformation des pratiques industrielles.




