Pénalisé par le spectre des droits de douane américains, le géant des hydrocarbures TotalEnergies sous-performe en Bourse. Les actionnaires sont récompensés, mais moins qu’attendu par les analystes.
À la Bourse, TotalEnergies fait un peu moins recette
TotalEnergies dévoile sa performance boursière du début de l’année 2025. Le groupe annonce un bénéfice net de 3,9 milliards de dollars pour le premier trimestre, soit une baisse de 33 % par rapport à 2024. Pour le PDG Patrick Pouyanné, il n’y a pourtant pas lieu de s’alarmer : « Dans un environnement de prix globalement équivalent à celui du quatrième trimestre, TotalEnergies affiche au premier trimestre des résultats solides. »
Solides ? Pas si vite. Si l’entreprise enregistre une croissance de 4 % de sa production d’hydrocarbures et une progression de 18 % de sa production d’électricité, ces bons chiffres masquent des contre-performances notables. Le résultat net ajusté de la division Raffinage-Chimie plonge de 69 %, conséquence directe d’un effondrement des marges en Europe, tombées à 29,4 dollars la tonne, contre 71,7 dollars un an plus tôt. Le prix du Brent a reculé de 9 % sur la période ; les tensions géopolitiques et les effets des droits de douane américains contribuent à l’instabilité actuelle.
TotalEnergies et la « prime à la fidélité » pour ses actionnaires
La surprise vient du maintien d’une politique de redistribution audacieuse. En pleine contraction des bénéfices, le dividende trimestriel est relevé de 7,6 %, à 0,85 euro par action, et un programme de rachat d’actions de 2 milliards de dollars est confirmé pour le second trimestre. Cette posture peut étonner, voire agacer. Alors que la dette nette de l’entreprise a presque doublé, atteignant 20,1 milliards de dollars en raison de besoins de trésorerie ponctuels, la priorité semble donnée aux marchés financiers plutôt qu’à la consolidation de l’appareil industriel.
Si TotalEnergies ne coule pas, c’est en partie grâce à sa stratégie de diversification. L’activité GNL (gaz naturel liquéfié) a progressé de 6 %, soutenue par des contrats de long terme signés avec l’Inde et la République dominicaine. La branche électricité, dopée par les énergies renouvelables, affiche un bond de 18 %, grâce notamment à des acquisitions au Royaume-Uni et aux États-Unis.
Le groupe confirme également ses investissements dans le bas-carbone, avec 4,5 milliards de dollars engagés pour 2025 sur un total d’investissements nets de 17 à 17,5 milliards. Des projets structurants comme le parc offshore Yunlin à Taïwan ou les capacités de stockage énergétique en Allemagne et ailleurs sont censés porter la croissance future.






