« Plus compétitive que les États-Unis » : la promesse risquée du PDG d’EDF

Le départ imminent de Luc Rémont marque un tournant pour EDF.

Publié le
Lecture : 2 min
Prix de l’électricité : ce que le PDG d’EDF affirme…
« Plus compétitive que les États-Unis » : la promesse risquée du PDG d’EDF © L'EnerGeek

Les remous chez EDF, la grande entreprise publique française d’électricité, prennent une tournure différente avec l’annonce du départ imminent de son PDG, Luc Rémont. Cette nouvelle intervient alors que les échanges sont de plus en plus vifs entre EDF et ses partenaires, notamment l’État actionnaire et certains industriels. Alors que le mandat de Rémont arrive à son terme, les enjeux économiques et stratégiques pour la société n’ont jamais été aussi palpables.

Un changement à la tête sous tension

Le 22 avril, Luc Rémont a déclaré ce qui marque la fin d’une époque pour EDF. En effet, son mandat se termine dans deux semaines et il sera officiellement remplacé par Bernard Fontana lors de l’assemblée générale du 5 mai (Figaro). Fontana, qui occupe actuellement le poste de directeur général de Framatome (filiale d’EDF spécialisée dans le nucléaire), a été choisi avec la participation directe de l’Élysée. Ce choix s’inscrit dans une période où EDF doit jongler entre des exigences élevées en matière de compétitivité énergétique et des pressions politiques.

La décision d’un départ anticipé de Luc Rémont, évoquée dès la fin mars, fait suite à des tensions internes et externes. Une commission d’enquête au Sénat, présidée par le sénateur LR Olivier Rietmann et avec Fabien Gay comme rapporteur, a auditionné Rémont pour mieux comprendre les défis auxquels EDF est confrontée. Ces auditions ont surtout permis de mettre en avant les critiques sur les prix élevés de l’électricité.

Enjeux économiques et critiques des industriels

Les industriels français pointent du doigt les prix de l’électricité qu’imposent EDF, tarifs qui fragilisent leur compétitivité. Actuellement, le prix de l’électricité pour livraison en 2026 est fixé à un peu moins de 60 euros par MWh (ce tarif couvre à peine les coûts de production du parc nucléaire en place). Cette situation pousse les industriels, gros consommateurs d’électricité, à miser sur des contrats à long terme pour garantir leur approvisionnement.

Luc Rémont a défendu la position d’EDF en affirmant que « l’électricité est la plus compétitive en Europe aujourd’hui ». Il a aussi ajouté qu’elle dépasserait celle des États-Unis « à l’exception de deux ou trois États ». Toutefois, il a précisé qu’il n’incombe pas à EDF de compenser les écarts liés au prix du gaz importé, principalement en provenance de Norvège, des États-Unis et de Russie. « On ne va pas se mettre à subventionner des industriels français qui sont à 90% au gaz », a-t-il affirmé avec force.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.