Les exportateurs américains de gaz naturel liquéfié (GNL) ont livré 6,89 millions de tonnes à l’Europe en octobre 2026, contre 5,91 millions en septembre. Cette hausse de près d’un million de tonnes, établie à partir des données de suivi maritime de LSEG et rapportée par Reuters le 2 novembre, traduit l’intensification des achats européens avant l’hiver.
Les exportations américaines totales ont atteint leur deuxième plus haut niveau mensuel historique. La demande européenne constitue l’un des principaux moteurs de cette activité, dans un marché mondial où les acheteurs rivalisent pour obtenir des cargaisons disponibles.
Près d’un million de tonnes supplémentaires pour l’Europe
Entre septembre et octobre, les volumes de GNL américain destinés à l’Europe ont progressé de 0,98 million de tonnes, soit environ 17 %. Cette hausse concerne les livraisons à l’échelle européenne : elle ne permet pas d’attribuer une quantité précise à la France.
Dans le même temps, les expéditions vers l’Asie sont passées de 2,84 à 2,73 millions de tonnes. L’Égypte a reçu 0,68 million de tonnes, un volume stable, tandis que les livraisons à l’Amérique latine sont montées de 0,53 à 0,68 million de tonnes. Quelque 0,59 million de tonnes avaient quitté les terminaux américains sans destination finale confirmée au moment du relevé.
Des prix européens et asiatiques proches de 28 dollars
Le prix de référence européen TTF et l’indice asiatique JKM se situaient tous deux autour de 28 dollars par million d’unités thermiques britanniques en moyenne en octobre, selon les données reprises par Reuters. Cette proximité réduit l’avantage de prix d’une destination sur l’autre et rend la disponibilité des navires, les contrats et les coûts logistiques particulièrement importants.
Au Texas, le terminal Golden Pass, détenu par QatarEnergy et ExxonMobil, a expédié quatre cargaisons en octobre, soit deux fois plus que le mois précédent. Ce renforcement de l’offre intervient alors que les approvisionnements mondiaux restent tendus.
Pourquoi ces flux comptent pour le marché français du gaz
La France appartient au marché gazier européen et dispose de terminaux méthaniers capables de recevoir du GNL. L’augmentation des livraisons vers l’Europe contribue donc à l’équilibre régional de l’offre, même si les données d’octobre ne détaillent pas les arrivées dans chaque port français.
La tension demeure sur les prix et les stocks. Selon les chiffres évoqués le 2 novembre par le dirigeant de TotalEnergies, les stockages de gaz de l’Union européenne étaient remplis à 74,62 % au 1er novembre. L’augmentation des importations de GNL américain fournit des volumes supplémentaires, mais le coût d’achat de ces cargaisons reste un enjeu majeur pour les fournisseurs européens et, à terme, pour les contrats indexés sur les marchés de gros.
Les prochains mois dépendront notamment des températures, des soutirages de stockage et de la concurrence des acheteurs asiatiques pour les cargaisons disponibles.






