L’Europe aborde l’hiver gazier avec des réserves moins remplies qu’à l’ordinaire. Le 2 novembre, Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies, a estimé que le continent pourrait éviter une pénurie de gaz, tout en payant plus cher les volumes nécessaires pour sécuriser son approvisionnement.
Des réserves européennes inférieures aux niveaux recherchés
Selon les chiffres cités dans une dépêche Reuters du 2 novembre, les stockages de gaz de l’Union européenne étaient remplis à 74,62 % au 1er novembre. En Allemagne, premier marché de stockage du continent, le taux atteignait 61,03 %, un niveau particulièrement faible pour l’entrée dans la saison de chauffage.
Patrick Pouyanné critique l’assouplissement des obligations européennes de remplissage, qu’il juge prématuré. La réglementation permet, dans certaines conditions de marché difficiles, de viser 80 % plutôt que l’objectif habituel de 90 %. Cette flexibilité peut alléger la contrainte d’achat pendant l’été, mais elle laisse moins de marge lorsque les prix montent et que les besoins hivernaux s’accroissent.
Le GNL, variable déterminante des prix
Les importateurs européens sont en concurrence avec les acheteurs asiatiques pour les cargaisons de gaz naturel liquéfié. Les tensions au Moyen-Orient et les incertitudes pesant sur les exportations qataries ont accru cette compétition. Sur les marchés de gros, le contrat de référence européen a dépassé 100 euros par mégawattheure le 28 octobre, d’après Reuters.
Les flux américains jouent un rôle croissant dans cet équilibre. Des données de suivi maritime relayées le 2 novembre montrent que les livraisons américaines de GNL vers l’Europe ont atteint environ 6,89 millions de tonnes en octobre, soit près d’un million de tonnes de plus qu’en septembre.
Un risque de prix plutôt que de rupture immédiate
L’analyse du dirigeant de TotalEnergies distingue deux enjeux : la disponibilité physique du gaz et son coût d’acquisition. Des importations supplémentaires peuvent compenser des stocks plus faibles, mais leur prix dépend de la demande mondiale, de la météo et de la disponibilité des cargaisons.
Pour les consommateurs français, la transmission aux factures dépend ensuite des contrats des fournisseurs et des mécanismes de tarification. L’évolution des cours de gros ne se répercute pas uniformément ni instantanément sur toutes les offres. Les prochains mois mettront surtout à l’épreuve la capacité des acheteurs européens à maintenir leurs approvisionnements sans surenchère durable.






