« C’est ce que vous avez laissé dans le réservoir » : un réparateur de tondeuses montre l’erreur que 8 propriétaires sur 10 font après l’hiver

Après un hiver au garage, votre tondeuse refuse de démarrer ? En seulement 30 jours, l’essence se dégrade et encrasse le carburateur. Un simple geste à l’automne évite huit pannes sur dix.

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« C'est ce que vous avez laissé dans le réservoir » : un réparateur de tondeuses montre l'erreur que 8 propriétaires sur 10 font après l'hiver
« C’est ce que vous avez laissé dans le réservoir » : un réparateur de tondeuses montre l’erreur que 8 propriétaires sur 10 font après l’hiver © L'EnerGeek

En octobre, la tondeuse tournait comme une horloge. Pour ne pas gâcher le carburant, son propriétaire l’avait rangée au fond du garage avec le réservoir plein à ras bord. Au printemps suivant, le moteur a toussé, raté, puis s’est complètement arrêté. Chez le réparateur, la question est tombée aussitôt : « Qu’est-ce que vous avez laissé dans le réservoir ? »

Ce scénario n’a rien d’exceptionnel. Avant d’accuser la mécanique, il faut pourtant vérifier les basiques : sécurité enclenchée, câble bien tiré, niveau de carburant. Mais dans la majorité des cas, le coupable se trouve ailleurs, dans l’essence elle-même.

Selon le Journal des Seniors, qui cite un guide d’hivernage, l’essence non traitée commence à se détériorer en seulement 30 jours. Au contact de l’air, elle s’oxyde, perd ses composants les plus volatils et son pouvoir d’allumage. Le SP95-E10, qui contient jusqu’à 10 % d’éthanol, aggrave le phénomène : l’alcool attire l’humidité ambiante.

Au-delà d’environ 0,4 % d’eau, le mélange se sépare en deux couches, l’essence en haut, l’eau et l’éthanol au fond. C’est justement le fond du réservoir qui alimente le moteur.

Les gouttes mal brûlées et les résidus gommeux finissent par encrasser les gicleurs, ces orifices calibrés au centième de millimètre dans le carburateur. Le mélange air-carburant n’est alors plus correct : le moteur démarre parfois, broute, puis cale dès qu’on lui demande un effort.

Vider le réservoir plutôt que d’insister sur le lanceur

Si l’essence date de l’automne précédent, surtout ne pas en rajouter par-dessus en espérant diluer le problème : cela ne fait que mélanger de l’essence neuve à un carburant déjà mauvais. Trucmania recommande de vider complètement le réservoir, à la pompe ou à la seringue, dans un bidon adapté, puis de le remplir avec de l’essence fraîche. Bougie et filtre à air méritent ensuite un contrôle.

Si la tondeuse refuse toujours de démarrer ou cale en tondant, le carburateur a probablement été encrassé par des dépôts gommeux. Un nettoyage avec un produit spécifique et de l’air comprimé peut suffire, mais en cas de doute, mieux vaut confier le démontage à un professionnel, qui vérifiera aussi joints et membranes.

La prévention se joue en réalité à l’automne, juste après la dernière tonte. Deux options s’offrent au propriétaire :

  1. laisser tourner le moteur jusqu’à la panne sèche, ce qui assèche aussi la cuve du carburateur,
  2. ou remplir avec de l’essence fraîche additionnée d’un stabilisateur, puis laisser tourner la machine deux à trois minutes.

Certaines fabricants d’additifs évoquent une conservation possible de 12 à 24 mois grâce à ce produit, disponible chez Leroy Merlin, Jardiland ou Botanic.

Sur une tondeuse ancienne ou peu utilisée, mieux vaut privilégier du SP98 ou une essence alkylate sans éthanol, qui limite davantage l’encrassement pendant l’hivernage. Un stockage au sec, entre 5 et 25 degrés plutôt qu’au fond d’un abri humide, complète la routine.

La rédaction attribue à cette astuce une note d’efficacité de 9 sur 10, avec environ huit pannes de redémarrage évitées sur dix. Faire tourner le moteur quelques minutes après le traitement aide le produit à atteindre tout le circuit.

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