Stratégie de recentrage pour améliorer les comptes de l’État
Dans un rapport publié le 5 octobre 2026, la Cour des comptes suggère de vendre certaines participations de la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Cette démarche vise à concentrer les investissements sur les missions d’intérêt général et à procurer des ressources exceptionnelles à l’État. Entre 2015 et 2025, ces participations ont généré 22,3 milliards d’euros de bénéfice net, représentant 64 % des résultats du groupe. Les magistrats financiers jugent nécessaire de réévaluer la stratégie d’investissement de cette institution publique.
Révision des actifs de 31,6 milliards d’euros
Au 30 juin 2025, le portefeuille de la CDC atteignait 31,6 milliards d’euros, hors participations historiques ou partagées avec l’État. Certains actifs ne correspondent plus à la politique actuelle de l’État actionnaire, qui privilégie la résilience et l’impact sociétal, notamment en matière de développement local. Une révision stratégique est recommandée pour recentrer ce portefeuille et le redimensionner. Les ventes résultantes pourraient fournir des ressources exceptionnelles à l’État, contribuant au redressement des finances publiques. Les filiales stratégiques comme Bpifrance, les services internes de la CDC, La Poste et la SFIL resteraient cependant inchangées.
La CDC a déjà amorcé des cessions, réduisant sa participation dans Egis en 2021 et vendant Qualium Investissement, Kepler Chevreux (2023) et Transdev (2025). D’autres ventes sont envisagées, mais elles restent confidentielles. Comme l’indique Le Figaro, cette recommandation intervient dans un contexte de fortes tensions budgétaires, semblables à celles qui ont conduit à des mesures d’urgence pour contrer la hausse des prix du carburant.
Éviter les chevauchements avec l’État
La Cour des comptes met en garde contre les chevauchements potentiels entre l’État et la CDC dans certains secteurs clés, comme la défense, où la CDC a renforcé sa présence via Bpifrance. Le fonds Bpifrance Défense, lancé en octobre 2025 avec 450 millions d’euros visés, doit être mieux coordonné avec les intérêts stratégiques de l’État.
En tout, l’État possède 210 milliards d’euros en actions dans 87 entreprises, principalement dans l’énergie, l’industrie, les transports et les services financiers. La plupart ne sont pas cotées en bourse. Nicolas Doze, éditorialiste économique, rappelle que l’État devrait se retirer lorsque sa présence n’est plus justifiée, évoquant Renault comme exemple historique. BFM TV souligne que ce recentrage vise à mieux aligner les objectifs de l’État actionnaire.
Des cessions prévues pour 2,5 milliards d’euros
La Cour des comptes illustre la redistribution des actifs entre acteurs publics. En 2026, l’État doit céder à la CDC la Société pour le logement intermédiaire (SLI), les Autoroutes et tunnel du Mont-Blanc (ATMB) et la Société française du tunnel routier du Fréjus (SFTRF), générant 2,5 milliards d’euros pour l’État.
La CDC, bras financier de l’État, soutient la politique économique et industrielle par des investissements dans les entreprises et le financement des collectivités. Elle gère aussi les encours du Livret A et du LDDS, finançant le logement social. Fin 2025, le fonds d’épargne de la CDC affichait 453 milliards d’euros, avec un bénéfice net de 2,4 milliards.
Retour aux missions initiales du fonds d’épargne
Le rapport annuel de mai note que le fonds d’épargne de la CDC s’éloigne de sa mission initiale de soutien au logement social. La Cour des comptes plaide pour un retour aux fondamentaux et une clarification des rôles entre l’État et la CDC.
De son côté, le gouvernement explore d’autres moyens pour améliorer les comptes publics. Le projet de loi de finances pour 2027, présenté le 1er octobre 2026, propose un prélèvement exceptionnel de 17 % sur les avoirs en déshérence de la CDC, espérant 1,4 milliard d’euros. Cette mesure cible les sommes non réclamées et ne concerne pas les comptes actifs. La Tribune précise que les actifs non stratégiques sont une priorité pour ces cessions.
Impact sur la stratégie énergétique nationale
La révision du portefeuille de la CDC a des implications stratégiques pour le secteur de l’énergie. La CDC détient des participations dans des infrastructures énergétiques clés. Un désengagement mal géré pourrait affaiblir des secteurs stratégiques alors que la France cherche à renforcer sa souveraineté énergétique. Dans un contexte de pressions financières liées aux événements climatiques extrêmes, préserver ces participations pourrait être crucial.
La recommandation de la Cour des comptes soulève une question centrale : comment allier impératifs budgétaires et intérêts stratégiques à long terme ? Les décisions du gouvernement dans les mois à venir, quant à la mise en vente de certaines participations, seront révélatrices. Le débat sur l’intervention de l’État dans l’économie est relancé alors que les marges budgétaires se réduisent.
Quelles participations sont susceptibles d’être vendues ?
Le rapport de la Cour des comptes n’identifie pas précisément les entreprises à céder, mais certains indices permettent de cibler les participations concernées. Cela inclut les entreprises déconnectées des missions d’intérêt général, les actifs redondants avec ceux de l’État dans les mêmes secteurs, les investissements purement financiers sans stratégie claire, ou encore les filiales éloignées du cœur de métier de la CDC.
La Cour souligne l’importance d’une approche méthodique, reposant sur une analyse rigoureuse de chaque participation et sa contribution aux objectifs publics. Boursier.com indique que ce processus pourrait prendre plusieurs années, le temps de mener les évaluations nécessaires et de trouver les bons acquéreurs.






