Pétrole : prix en baisse mais les stocks fondent

Les exportations de pétrole du Moyen-Orient ont dépassé 18 millions de barils par jour en septembre 2026, retrouvant leur niveau d’avant-guerre grâce aux routes alternatives et à la réouverture partielle du détroit d’Ormuz.

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Pétrole : prix en baisse mais les stocks fondent © L'EnerGeek

En septembre 2026, les exportations de pétrole brut du Moyen-Orient ont dépassé les 18 millions de barils par jour, revenant ainsi à leur niveau d’avant-guerre pour la première fois depuis février. Toutefois, cette reprise masque une vulnérabilité importante : les réserves mondiales sont jugées « dangereusement faibles » par Amin Nasser, PDG de Saudi Aramco, avec une perte cumulée de 3 milliards de barils depuis le début des hostilités.

Exportations en hausse : un retour à 18 Mbbl/j

Les données de Kpler montrent que les producteurs du Moyen-Orient, hors Iran, ont réussi à maintenir des exportations supérieures à 18 millions de barils par jour durant plusieurs jours consécutifs en septembre, marquant un retour à la normale après les frappes américano-israéliennes contre Téhéran. Ces frappes avaient conduit à des restrictions iraniennes sur le détroit d’Ormuz. Pour compenser la réduction du trafic, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït ont emprunté des routes alternatives.

Rôle clé des routes alternatives

L’oléoduc Est-Ouest saoudien, reliant Ghawar à Yanbu, a été crucial malgré des interruptions dues à des attaques. Ce pipeline, d’une capacité de 5 millions de barils par jour, a permis de contourner Ormuz, avec la mer Rouge absorbant près de 40 % des volumes saoudiens en septembre. Les terminaux de Yanbu et Rabigh ont fonctionné à pleine capacité, tandis que Fujairah a capté davantage de flux vers l’Asie.

Trafic du détroit d’Ormuz en hausse

Malgré les restrictions iraniennes et les attaques fréquentes, le passage de pétroliers par le détroit d’Ormuz a augmenté depuis fin août. Des navires circulent sous escorte américaine, selon 20 Minutes. Ryan Lance, de ConocoPhillips, a affirmé : « Le système pétrolier mondial a plié, mais ne s’est pas brisé. » Actuellement, Ormuz permet le transit de 12 millions de barils par jour, contre 21 millions avant février.

Crise des réserves mondiales

Amin Nasser a exprimé des préoccupations lors du forum de Londres, qualifiant les stocks mondiaux d’« effrayamment minces ». Les réserves stratégiques de l’OCDE ont chuté de 3 milliards de barils depuis février 2026. En réponse, le G7 a décidé de libérer 100 millions de barils pour stabiliser les cours du Brent et du WTI, selon 20 Minutes. Cependant, cette mesure ne résout pas le problème structurel.

Reconstitution des réserves : un défi de deux ans

La reconstitution des réserves pourrait prendre jusqu’à deux ans, selon Amin Nasser, à condition que les flux du Moyen-Orient restent stables et que l’OPEP+ maintienne sa production. Les coûts de fret, multipliés par trois en raison des primes d’assurance et des détours, compliquent la situation. L’AIE a libéré 325 millions de barils depuis mars, couvrant seulement 10 % des pertes.

OPEP+ et la stabilité du marché

Le 5 octobre, l’OPEP+ a confirmé le maintien de ses objectifs de production pour novembre. Cependant, la production effective est inférieure de 1,2 million de barils par jour aux engagements, en raison des difficultés en Angola, au Nigeria et des sanctions contre la Russie. L’Arabie saoudite compense partiellement avec une production de 10,5 millions de barils par jour. Aramco a réduit de 3 dollars le prix du brut Arab Light pour novembre, face à la concurrence.

Perspectives d’approvisionnement pour 2028-2029

Ryan Lance prévoit un prix plancher du pétrole autour de 70 dollars le baril à moyen terme. Il s’interroge sur l’origine future de la production pour répondre à la demande croissante, selon Oil & Gas Journal. La demande mondiale, stimulée par l’électrification et l’intelligence artificielle, devrait croître jusqu’en 2028-2029. Les raffineurs expliquent pourquoi les prix restent élevés malgré la baisse des cours.

Bien que les exportations du Moyen-Orient aient retrouvé leur niveau d’avant-guerre, le système pétrolier mondial est sous pression. Les réserves stratégiques sont épuisées et les coûts logistiques élevés. La diplomatie entre Washington et Téhéran stagne, et la question est de savoir combien de temps le marché peut tenir sans reconstituer ses stocks de sécurité.

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