L’AIE annonce la libération de 325 millions de barils depuis mars 2026

L’Agence internationale de l’énergie confirme la libération de 325 millions de barils de pétrole et produits raffinés depuis mars 2026, représentant 80% de l’engagement initial. Le G7 ajoute 100 millions de barils supplémentaires sur quatre mois, avec priorité au diesel dans les 20 premiers jours. Décryptage des mécanismes opérationnels et des flux énergétiques mondiaux face à la crise du détroit d’Ormuz.

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L’AIE annonce la libération de 325 millions de barils depuis mars 2026 © L'EnerGeek

Entre mars et octobre 2026, les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont libéré 325 millions de barils de pétrole brut et de produits raffinés sur les marchés mondiaux. Le 5 octobre, l’organisation basée à Paris a annoncé que 80% de l’objectif initial de 400 millions de barils, fixé le 11 mars, avait été atteint. Trois jours plus tôt, le G7 avait décidé d’accélérer le processus en promettant 100 millions de barils supplémentaires sur quatre mois, avec une priorité donnée au diesel.

Mécanisme de libération des réserves stratégiques

Les réserves stratégiques de pétrole sont un filet de sécurité mis en place après le choc pétrolier de 1973. Les 32 pays de l’AIE stockent du brut et des produits raffinés dans des installations souterraines, des cavernes salines ou des terminaux portuaires. Lorsqu’une crise menace l’approvisionnement mondial, l’agence coordonne une libération collective pour prévenir la pénurie et maîtriser la hausse des prix.

Coordination des stocks entre les pays de l’AIE

En mars 2026, tous les membres de l’AIE, dont les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France et d’autres pays, se sont mobilisés. Les États-Unis possèdent près de 40% des stocks mondiaux avec leur Strategic Petroleum Reserve (SPR), tandis que l’Europe combine réserves nationales et stocks industriels obligatoires.

Chronologie des libérations de mars à octobre 2026

Le 11 mars 2026, face aux premières restrictions iraniennes sur le détroit d’Ormuz, l’AIE a annoncé un plan de libération de 400 millions de barils. Jusqu’à fin septembre, les pays membres ont progressivement injecté le brut et les produits raffinés sur le marché. Le 5 octobre, l’agence a confirmé que 325 millions de barils avaient été libérés, soit plus de 80% de l’objectif initial, laissant 75 millions de barils à déployer dans les semaines suivantes pour terminer le programme.

Les 100 millions de barils du G7 : une accélération stratégique

Le 2 octobre 2026, les sept grandes puissances économiques, sous présidence française, ont décidé d’intensifier l’effort. Le G7 s’est engagé à libérer immédiatement 100 millions de barils supplémentaires de brut et de diesel sur quatre mois. La priorité est donnée au diesel, avec des livraisons significatives prévues dans les 20 premiers jours pour stabiliser l’offre.

Stabilisation de l’offre de diesel en 20 jours

Le diesel est au centre des tensions. L’Europe dépend des importations américaines pour un tiers de son diesel, mais les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes ont réduit la capacité de raffinage mondiale de 8% depuis janvier 2026. Les stocks européens de diesel sont à leur plus bas niveau depuis 2008. En concentrant les livraisons dans les 20 jours suivant l’accord du G7, les pays membres visent à reconstituer rapidement les inventaires industriels et à éviter les pénuries pour le transport routier et le chauffage hivernal.

Libre circulation des exportations entre alliés

Le G7 a écarté toute restriction sur les exportations de diesel entre pays membres. L’administration Trump avait menacé de telles mesures début septembre pour inciter les Européens à libérer leurs stocks plus rapidement. Le 2 octobre, le président américain a déclaré que l’Europe avait accepté de libérer des stocks massifs de diesel. L’accord maintient la fluidité des échanges transatlantiques tout en utilisant les réserves stratégiques de chaque côté de l’Atlantique.

Contexte de crise : restrictions iraniennes et réduction de l’offre mondiale

La mobilisation des réserves stratégiques est une réponse à une double contrainte d’approvisionnement. L’Iran restreint le trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz en représailles aux frappes américaines et israéliennes. Par ailleurs, les attaques ukrainiennes sur les infrastructures russes ont diminué de 1,2 million de barils par jour la capacité de raffinage mondiale.

Impact des restrictions dans le détroit d’Ormuz

Le détroit d’Ormuz transporte quotidiennement 21 millions de barils de brut, soit 21% de la consommation mondiale de pétrole. Les restrictions iraniennes, en vigueur depuis février 2026, ont réduit le flux de 15% en moyenne. Les tankers subissent des contrôles prolongés, des détournements vers des ports iraniens ou des interdictions. Les primes d’assurance maritime ont augmenté de 300%, ce qui renchérit le coût du transport.

Réduction de la capacité de raffinage en Russie

Depuis janvier 2026, les drones ukrainiens ont frappé 14 raffineries russes, détruisant ou endommageant des unités essentielles. La Russie a perdu 1,2 million de barils par jour de capacité, principalement pour le diesel et le kérosène. Avant le conflit, Moscou exportait 1,5 million de barils par jour de diesel vers l’Europe et la Turquie. En septembre 2026, ce chiffre est tombé à 400 000 barils par jour. Les raffineurs européens fonctionnent à pleine capacité mais ne compensent pas le déficit, d’où la nécessité de puiser dans les stocks stratégiques de produits raffinés.

Réaction des marchés et équilibre offre-demande

Les annonces de l’AIE et du G7 ont influencé les cours. Le 5 octobre, le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en novembre a clôturé à 91,11 dollars le baril, en baisse de 1,9%. Le Brent pour livraison en décembre s’est établi à 102,25 dollars, presque stable avec une légère baisse de 0,06%. Les traders anticipent une offre supplémentaire de 425 millions de barils (325 déjà libérés + 100 du G7) d’ici février 2027, équivalente à quatre jours de consommation mondiale.

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