La moitié des stations-service sans carburant dans ces départements : l’approvisionnement en essence est compliqué

14 % des stations du Grand Est à sec, le Rhin trop bas pour livrer l’essence. La préfecture débloque une mesure inédite pour les camions-citernes. Jusqu’où ira cette pénurie ?

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La moitié des stations-service sans carburant dans ces départements : l'approvisionnement en essence est compliqué
La moitié des stations-service sans carburant dans ces départements : l’approvisionnement en essence est compliqué © L'EnerGeek

La préfecture du Grand Est a pris une mesure inédite pour faire face aux pénuries de carburant qui touchent la région : les camions de carburant de plus de 7,5 tonnes sont désormais exceptionnellement autorisés à circuler dans le Grand Est.

L’objectif est clair, livrer davantage les stations-service par la route, pour compenser le manque d’approvisionnement fluvial. Selon le préfet, cité par la fiche de faits, cette dérogation répond au « caractère stratégique et urgent pour les déplacements des personnes et pour l’économie, de l’approvisionnement des points de distribution ».

Le Rhin, artère habituelle du carburant, coincé par la sécheresse

Cette décision intervient alors que 14 % des stations-service de l’Est de la France affichent des ruptures d’essence ce vendredi, contre seulement 3 % au niveau national, selon les chiffres du site officiel prix-carburants.gouv.fr. Le Haut-Rhin et le Territoire de Belfort sont les départements les plus touchés, avec des taux d’indisponibilité compris entre 25 % et 50 %, et concernent surtout l’essence sans plomb plus que le gazole.

En cause : la sécheresse qui frappe le pays a fait chuter le niveau du Rhin, empêchant les navires de remonter jusqu’au port de Strasbourg. C’est habituellement par ce fleuve que transite l’essence consommée dans l’est de la France, en provenance des ports maritimes ou des raffineries du nord de l’Europe.

Le Rhin est quasiment coupé à hauteur de Kaub, dans l’ouest de l’Allemagne, où la hauteur d’eau dans le chenal navigable est tombée lundi 10 août à 130 cm, un niveau jamais vu.

Jean-Laurent Kistler, directeur du développement de Voies navigables de France (VNF) à Strasbourg, a détaillé les conséquences concrètes dans un entretien à l’AFP. « Les bateaux sont forcés de réduire leur chargement, tombé à 350 tonnes pour les bâtiments d’hydrocarbures, au lieu de plus de 1 500 tonnes en temps normal », a-t-il expliqué.

Selon lui, ce déficit de précipitations est arrivé bien plus tôt que d’habitude, ayant commencé dès le début juillet, au lieu du mois de septembre habituellement.

Selon France 3, les péniches ne chargent plus qu’à 30 % de leur capacité habituelle pour ne pas s’échouer au fond du fleuve. Des précédents similaires s’étaient déjà produits en 2018 et en 2023, mais pas dans les mêmes proportions que l’épisode actuel.

Des rayons vides malgré le report vers le SP95

Dans les stations, la situation reste inégale. Une station-service TotalEnergies de Strasbourg est en rupture de SP98 depuis une semaine. « Ça fait une semaine que ça dure », confirme un employé de l’établissement, qui relativise toutefois la gravité de la situation : les automobilistes peuvent encore se rabattre sur le SP95. D’autres stations, en revanche, n’offrent plus aucun des deux carburants.

Des pluies sont attendues à partir du week-end et de la semaine suivante. Mais le niveau du Rhin ne devrait regagner qu’une vingtaine de centimètres, avant de rebaisser à nouveau.

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