40 moutons lâchés sous des panneaux solaires : les éleveurs ont découvert un effet que personne n’avait prévu sur la production d’énergie

Quarante moutons, des panneaux solaires et un rendement du sol qui grimpe jusqu’à 60%. Comment un simple troupeau transforme un parc solaire britannique en véritable refuge de biodiversité, sans rien coûter à la production d’électricité.

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40 moutons lâchés sous des panneaux solaires : les éleveurs ont découvert un effet que personne n'avait prévu sur la production d'énergie
Source : Diario Uno | L'EnerGeek

Quarante moutons paissent désormais entre les rangées de panneaux du parc solaire de Westmill, à la frontière de l’Oxfordshire et du Wiltshire, près de Watchfield, dans le sud de l’Angleterre. L’idée de départ était simple : entretenir le terrain sans abîmer les sols ni la faune locale. Le résultat, documenté par l’exploitant Westmill Energy et relayé par le média Diario Uno, s’est révélé plus surprenant que prévu.

L’essor des installations solaires de ces dernières années a créé un problème récurrent : la dégradation des sols et la perte de biodiversité sur les terrains occupés par les panneaux. Pour l’éviter, Westmill a écarté deux pratiques courantes mais nuisibles, les herbicides et la tonte intensive, au profit d’un pâturage animal.

Le troupeau, composé de races autochtones Cotswold et Lincoln, a été choisi en cohérence avec les panneaux eux-mêmes : câbles et composants sensibles restent protégés, tandis que les bêtes circulent librement sans risquer d’endommager les structures.

Les moutons ne consomment jamais le même type de plante d’un pas à l’autre. Cette diversité alimentaire empêche une seule espèce végétale de dominer le terrain et de chasser les autres, ce qui laisse une chance aux fleurs sauvages les plus fragiles de pousser et de tenir.

Le travail des bêtes est complété par un retrait manuel de certaines plantes, selon Westmill, sur un terrain qui avait été ensemencé après l’installation du parc avec un mélange d’espèces locales.

Le pâturage n’a lieu qu’en hiver. Le choix limite les dérangements pour les oiseaux qui nichent au sol et préserve les fleurs dont pollinisateurs et abeilles ont besoin hors de leur période de floraison. Le texte insiste sur un point : il serait imprécis de dire que les moutons régénèrent seuls le sol.

La variété végétale aide à retenir les nutriments et favorise bactéries et champignons ; les fleurs nourrissent les insectes, eux-mêmes source d’alimentation pour les oiseaux. Le troupeau n’est qu’une pièce de cet ensemble, qui suppose surveillance et planification.

Les panneaux servent d’abri aux bêtes

Autant les moutons entretiennent le terrain, autant les panneaux leur rendent service. Ils offrent une protection contre le vent et la pluie, sous laquelle les bêtes s’abritent lors des intempéries. Cette cohabitation a amélioré le bien-être du troupeau, qui a gagné du poids et vu son état de santé progresser.

La bergère Vera Hoenen a expliqué à Westmill Energy que les animaux trouvent sur place diverses plantes à brouter, et que cette variété alimentaire les aide, selon son expérience, à prendre du poids plus facilement. Certains moutons plus âgés en profitent particulièrement : ils peuvent choisir des végétaux moins durs à mastiquer, ce qui ménage leurs dents et leurs mâchoires.

Ces observations restent celles de la responsable du troupeau, précise le texte, et non le fruit d’un essai clinique sur le bien-être animal.

Selon Westmill Energy, la présence des moutons ne change rien à la production électrique des panneaux. Moins de 0,5 % des terres agricoles britanniques seront destinées à des installations solaires, un chiffre qui relativise l’ampleur du phénomène, mais l’exploitant y voit la preuve qu’un parc solaire peut fonctionner comme un refuge pour la biodiversité plutôt que comme une monoculture industrielle.

Un modèle qui dépasse Westmill

Le cas n’est pas isolé. Cette pratique, baptisée agrivoltaïsme, consiste à faire cohabiter production d’électricité solaire et activité agricole sur un même terrain. Une installation de 615 kW, en zone rurale, illustre le même principe ailleurs : les moutons y contrôlent la végétation sans recours aux machines, aux pesticides ni aux traitements agressifs, tandis que les panneaux leur offrent ombre et abri pendant les mois chauds.

Les bénéfices avancés recoupent ceux observés à Westmill : baisse des coûts d’entretien, moins d’émissions liées au débroussaillage mécanique, risque d’incendie réduit, meilleure aération et fertilité du sol. Selon le Fraunhofer Institute for Solar Energy Systems, institut allemand présenté comme l’un des plus importants au monde en matière d’énergies renouvelables, l’agrivoltaïsme peut augmenter jusqu’à 60 % le rendement total de l’utilisation du sol, grâce à la génération simultanée d’aliments, d’énergie et d’autres bénéfices écologiques.

Reproduire l’expérience de Westmill ailleurs suppose toutefois des ajustements : structures compatibles avec le passage d’animaux, capacité d’accueil du terrain calculée en nombre de bêtes, périodes de pâturage définies selon les saisons. À Watchfield, la formule tient depuis plusieurs hivers, avec quarante moutons qui broutent entre les rangées, sans qu’un seul kilowattheure supplémentaire n’en découle.

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