Depuis le 28 février, les tensions géopolitiques se sont détériorées avec le déclenchement d’une guerre en Iran. Les répercussions de cet événement se sont fait sentir rapidement en France : une hausse des prix des carburants a été constatée « moins d’une semaine après ». Les augmentations se sont étendues à plusieurs stations-service, perturbant les habitudes des consommateurs et suscitant des réactions mitigées.
Flambée des prix à la pompe : témoignages
Dans les Hautes-Alpes, Suzanne, une consommatrice, a remarqué une hausse sensible du prix du gasoil et se confie à Francebleu. Un tarif affiché à 1,67 € le litre un mardi soir est passé à 1,85 € dès le lendemain. Ce cas n’est pas isolé.
À Perpignan, Jean-Claude, ancien propriétaire de station-service, indique que sa marge de huit centimes par litre est restée stable, mais que la hausse des prix a grimpé sous la pression du marché. Des observateurs notent par ailleurs que dans certaines villes le seuil des 2 € par litre a déjà été franchi.
Les prix varient selon les endroits, ce qui s’explique par les fluctuations des marchés. À Pipriac (Ille-et-Vilaine), le SP95-E10 et le gazole sont respectivement à 1,730 € et 1,957 €. À Lauzerte (Tarn-et-Garonne), les tarifs s’élèvent à 1,779 € pour le SP95-E10 et 1,969 € pour le gazole. À Crécy-au-Mont (Aisne), on relève 1,779 € pour le SP95-E10 et 1,984 € pour le gazole, confirmant que « le cap des deux euros » est parfois dépassé.
Ce qui compose le prix et les répercussions économiques
Le PDG de Système U rappelle la structure du prix du carburant : plus de 50 % du coût est prélevé par des taxes d’État, ce qui fait de l’État le principal bénéficiaire de cette hausse. Trois composantes principales expliquent le reste :
- 40 % pour la matière première,
- 10 % pour la logistique,
- et les marges des distributeurs.
L’augmentation du prix du baril, de 66,24 € le 27 février à entre 78,20 et 80,96 € une semaine plus tard, a entraîné une hausse des cotations, répercutée dans les stations-service sous 24 à 48 heures.
Réactions et mesures politiques
Face à ces tensions, Roland Lescure, le ministre de l’Économie, a convoqué distributeurs et énergéticiens pour évoquer des mesures. Lors de cette réunion à Bercy, Lescure a insisté pour que tous les acteurs « d’être solidaires dans la crise », afin de contenir la flambée des prix. Philippe Chalmin, économiste affilié à l’université Paris-Dauphine, a prévenu que les prix pourraient encore monter à court terme, soulignant que l’effet psychologique sur les consommateurs est souvent irrationnel.
Les consommateurs, de leur côté, expriment leur mécontentement sur les réseaux sociaux, qualifiant la réalité des prix de « délirante » et pointant l’impact économique sur leurs dépenses quotidiennes.



