En 2025, la crise de l’eau préoccupe de plus en plus de pays confrontés à la raréfaction des ressources en eau douce. Alors que plus de 2 milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable sûre, la start-up française Agua de Sol se démarque avec une technologie qui transforme l’humidité de l’air en eau potable. Cette initiative pourrait devenir une piste importante pour faire face au stress hydrique mondial.
Une techno qui récupère l’eau dans l’air
La start-up Agua de Sol a récemment reçu le prix de l’innovation de l’Union des industries et entreprises de l’Eau (UIE), en reconnaissance de ses efforts pour lutter contre la pénurie d’eau. Le principe repose sur des générateurs alimentés par l’énergie renouvelable, capables de capter et de purifier l’eau présente dans l’atmosphère, explique Futura Sciences. Ces machines, qui ne requièrent ni raccordement au réseau ni forage complexe, constituent une alternative intéressante pour des régions comme le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, utilisant un collecteur solaire thermique.
La solution développée par Agua de Sol utilise des panneaux pour aspirer l’air ambiant, qui passe ensuite par un système de condensation. L’eau condensée est collectée, filtrée et minéralisée pour atteindre les normes de potabilité. Cette méthode s’appuie sur les travaux du chimiste Omar Yaghi, promoteur du projet et lauréat du prix Nobel de chimie 2025.
Un modèle rentable et écolo qui tient la route
Produire de l’eau potable à partir de l’air n’est pas seulement innovant, c’est aussi économiquement viable. Le coût de production se situe entre 0,10 et 0,12 €/L, soit environ trois fois moins cher que l’eau en bouteille. De plus, cette technologie évite les infrastructures lourdes, privilégiant une approche low-tech écologique et décentralisée.
Selon les données citées, l’atmosphère, couvrant plus de 60 % du globe, contient jusqu’à six fois plus d’eau que l’ensemble des rivières et ruisseaux de la planète. Avec le changement climatique, l’air peut contenir environ 7 % d’humidité supplémentaire par degré Celsius, ce qui rend cette ressource encore plus accessible, tout comme les technologies de capture de CO2. Atoco, la société qui développe ces unités, met en avant un potentiel de captation pouvant atteindre jusqu’à 1 000 litres d’eau par unité et par jour, même en conditions de faible humidité (20 %).
Et si l’eau n’était plus un problème ?
La technologie d’Agua de Sol est présentée comme une réponse à la faillite hydrique mondiale, permettant de diversifier les sources d’eau en s’appuyant sur des ressources locales et renouvelables. Dans un monde où environ un quart de la population subit un stress hydrique extrêmement élevé, et où près de 4 milliards de personnes font face à des pénuries d’eau, cette innovation pourrait changer la donne pour la gestion de l’eau.
Le projet est encore au stade de prototypes, mais son développement laisse envisager une commercialisation rapide pour répondre aux besoins des populations et de secteurs clés comme l’industrie et l’agriculture. En s’appuyant sur des matériaux innovants tels que les « metal-organic frameworks » (MOFs, structures poreuses métal-organiques), la solution consomme moins d’énergie et s’adapte aux climats rigoureux, évitant ainsi les limites du dessalement et les effets sur les écosystèmes marins.






