TotalEnergies vient de perdre un financement précieux dans son mégaprojet gazier au Mozambique : le Royaume-Uni se retire du projet.
TotalEnergies perd le soutien de Londres sur son projet au Mozambique
Le Mozambique se retrouve une nouvelle fois au centre des enjeux énergétiques mondiaux. Après quatre années d’incertitudes liées à l’insécurité dans la province de Cabo Delgado, le projet gazier de TotalEnergies devait symboliser la reprise économique du pays. Mais le retrait soudain de Londres, qui renonce à un financement public estimé à plus d’un milliard de dollars, rebat les cartes. L’annonce britannique, confirmée par le ministère du Commerce international, place le projet Mozambique LNG dans une situation plus complexe, bien que TotalEnergies assure poursuivre son développement.
La décision de Londres ne résulte pas d’un désaccord technique, mais d’une réorientation politique. Selon le gouvernement britannique, continuer à financer des infrastructures fossiles à l’étranger contredit les engagements pris dans le cadre de la COP30 et de la politique nationale de neutralité carbone à l’horizon 2050. « Il ne servira pas les intérêts de notre pays », a affirmé un porte-parole du ministère britannique du Commerce international.
Derrière cette déclaration se cache une stratégie plus large : réduire la dépendance du Royaume-Uni aux énergies fossiles et encourager ses partenaires à faire de même. Depuis le lancement de sa politique Clean Growth, le gouvernement a progressivement restreint les soutiens publics aux projets pétroliers et gaziers internationaux. Le cas du Mozambique constitue donc le symbole d’une nouvelle ligne rouge diplomatique.
Cette inflexion intervient aussi dans un contexte où le financement public de projets énergétiques à forte empreinte carbone est de plus en plus contesté par la société civile. Les ONG britanniques, dont Friends of the Earth UK, saluent cette annonce comme une « victoire pour les militants écologistes ». Les pressions s’étaient accrues ces dernières semaines, plusieurs associations dénonçant « l’hypocrisie » d’un Royaume-Uni se présentant comme leader de la transition énergétique tout en soutenant un mégaprojet gazier à l’étranger.
Un coup dur pour TotalEnergies, mais pas un arrêt du projet
Pour TotalEnergies, l’impact du retrait britannique reste limité à court terme, mais la portée symbolique est considérable. Le groupe français dirige le projet Mozambique LNG, un complexe gazier d’une capacité prévue de 13,1 millions de tonnes de gaz liquéfié par an, pour un investissement total estimé à 20 milliards de dollars.
Suspendu en 2021 après une série d’attaques djihadistes à Cabo Delgado, le projet avait été redémarré progressivement en 2024, avec le soutien d’une large coalition de partenaires financiers internationaux.
L’entreprise a indiqué qu’elle « prenait acte de la décision du Royaume-Uni », tout en réaffirmant que le projet « reste stratégique ». En clair, TotalEnergies ne renonce pas à son implantation au Mozambique, mais devra désormais s’appuyer davantage sur d’autres institutions, notamment asiatiques et africaines, pour combler le vide laissé par le départ britannique.






