L’interruption du transit maritime par le détroit d’Ormuz, un axe majeur pour le transport du pétrole mondial, a poussé les pays voisins à chercher des solutions de rechange. Pour l’Irak, dont l’économie dépend à 90 % du pétrole, l’une des réponses passe désormais par une route terrestre à travers la Syrie. Ce corridor sert à la fois à maintenir les échanges commerciaux et à répondre à l’urgence économique de la région.
Une route terrestre ambitieuse mais complexe
Face au blocage persistant du détroit d’Ormuz, des acteurs économiques irakiens et syriens ont monté une logistique ambitieuse : une route alternative de 1 200 km reliant les champs pétroliers irakiens aux terminaux syriens, rapporte franceinfo. Les champs de Kirkouk, au nord de l’Irak, et ceux de Bassorah, au sud, servent de points de chargement pour les convois de camions-citernes. Ceux-ci font l’itinéraire jusqu’au poste frontière d’Al-Tanf, pour atteindre ensuite le terminal pétrolier de Banias sur la Méditerranée.
Les détails de ce réseau soulignent non seulement les défis géographiques mais aussi des contraintes logistiques énormes. Sylvain Domergue, géographe et enseignant, insiste sur l’ampleur de l’effort : « Il faut compter au minimum 10 000 camions pour remplir un tanker standard. Donc, il faudrait des flux considérables que l’Irak et la Syrie n’ont manifestement pas. » Sa remarque montre que les capacités routières sont loin d’être suffisantes face à la crise.
Le trajet et les galères du quotidien
Le voyage, qui prend environ 12 jours, est éprouvant. La chaleur extrême et l’absence d’infrastructures le long du parcours rendent la vie des chauffeurs difficile. Comme l’a raconté un camionneur irakien à France Télévisions : « C’est vraiment dur, on n’a nulle part où dormir, pas d’hôtel, même pas de parking où s’arrêter. » Ces mots donnent une bonne idée des difficultés de ce mode de transport. À cela s’ajoutent des embouteillages pouvant atteindre 30 km de long, qui ralentissent encore les convois.
Parmi les premiers convoyeurs, on trouve Ahmad et Issa, deux chauffeurs irakiens, qui partagent des expériences éprouvantes. Ahmad a notamment raconté avoir passé 17 jours sur cette route, preuve de l’ampleur des contraintes logistiques. Pendant ce temps, des ressources comme le diesel circulent sur l’asphalte brûlant, rendant chaque trajet déterminant pour l’approvisionnement.






