En 2021, une attaque djihadiste meurtrière avait mis en pause le méga-projet gazier du géant français TotalEnergies. Quatre ans plus tard, le groupe se positionne pour une reprise des travaux.
Le projet de TotalEnergies au Mozambique va repartir
TotalEnergies annonce la relance de son projet de GNL au Mozambique. Suspendu depuis avril 2021 en raison d’une attaque djihadiste dans la province du Cabo Delgado, le projet va redémarrer sous réserve de l’approbation d’un nouveau budget et d’une prolongation des délais accordés par rapport au plan initial.
Le méga-projet gazier de TotalEnergies au Mozambique s’articule autour du développement d’un ou plusieurs sites de production de gaz offshore et d’unités de liquéfaction destinées à l’exportation. L’entreprise détient une participation de 26,5 % dans ce projet majeur. Initialement estimé à environ 20 milliards de dollars, il visait une capacité de liquéfaction d’environ 13 millions de tonnes de GNL par an.
Pour TotalEnergies, ce développement gazier s’inscrit dans un repositionnement stratégique où le gaz occupe une place croissante dans son portefeuille d’actifs, compte tenu des enjeux énergétiques et géopolitiques. Le groupe prévoit de lever la « force majeure » déclarée en avril 2021 après l’attaque de Palma, dans la province du Cabo Delgado.
L’entreprise demande au gouvernement mozambicain une extension de dix ans de la période d’exploitation du contrat de développement-production, ainsi qu’une compensation de 4,5 milliards de dollars pour couvrir les surcoûts liés à l’interruption. En date du 24 octobre, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a adressé une lettre au président mozambicain afin d’obtenir l’approbation d’un nouveau budget et d’un calendrier actualisé.
Le Mozambique doit rapidement se positionner
La reprise complète dépend désormais de l’aval du Conseil des ministres du Mozambique, qui doit approuver l’addendum au plan de développement. Sur le plan sécuritaire, TotalEnergies a précisé que « le travail restera en mode confinement » sur le site, compte tenu des risques persistants.
Pour le groupe français, relancer ce projet représente un levier stratégique majeur pour renforcer sa position sur le marché mondial du GNL, un secteur en pleine mutation. Toutefois, le contexte reste semé d’obstacles. La région du Cabo Delgado demeure marquée par des attaques djihadistes, ce qui avait déjà entraîné la suspension du chantier. Par ailleurs, plusieurs ONG soulèvent des préoccupations en matière de droits humains, évoquant les attaques de 2021 et des accusations de mauvaise gestion sécuritaire.
D’un point de vue économique, l’allongement du calendrier de production, désormais envisagé pour 2029 au lieu de 2024, et le surcoût estimé à 4,5 milliards de dollars soulignent les enjeux financiers colossaux du projet. Reste à savoir si le gouvernement mozambicain acceptera ce nouveau compromis.






