Le Japon relance sa plus grande centrale nucléaire pour alléger sa dépendance

Le Japon amorce une manœuvre stratégique en relançant la plus grande centrale nucléaire de la planète : un virage énergétique majeur pour un pays confronté à une dépendance accrue aux importations d’hydrocarbures et à l’impératif climatique.

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Redemarrage Centrale Nucleaire Japon
Le Japon relance sa plus grande centrale nucléaire pour alléger sa dépendance © L'EnerGeek

Le 21 novembre 2025, le gouvernement japonais a validé le redémarrage partiel de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, fleuron à l’arrêt depuis plus d’une décennie. Ce geste marque un tournant énergétique : dans un contexte mondial de tensions sur le gaz naturel liquéfié (GNL), Tokyo choisit de réinvestir dans le nucléaire pour restaurer sa sécurité d’approvisionnement, alléger sa facture énergétique et réduire ses émissions.

Une centrale nucléaire au cœur du rééquilibrage énergétique

Kashiwazaki-Kariwa n’est pas une centrale nucléaire ordinaire. Avec sept réacteurs et une puissance installée totale de 8 212 MW, elle surpasse toutes les autres installations de la planète. Selon Connaissance des Énergies, elle constitue « la plus grande centrale nucléaire du monde en puissance installée ».

Les unités 6 et 7, actuellement ciblées pour le redémarrage, pourraient générer ensemble 2 710 MW, soit environ un tiers de la capacité du site. « TEPCO prévoit de remettre en service les unités 6 et 7, qui peuvent produire ensemble 2 710 mégawatts d’électricité, soit environ un tiers de la capacité totale de 8 212 MW de Kashiwazaki-Kariwa », indique Arab News. Une telle relance pourrait répondre à une part significative de la demande nationale, réduisant la pression sur les centrales thermiques, très gourmandes en combustibles importés.

Réduction des importations et économies en cascade

Depuis la catastrophe de Fukushima en mars 2011, le Japon s’est retrouvé contraint de fermer l’essentiel de son parc nucléaire. Résultat : le pays est devenu l’un des plus grands importateurs mondiaux de GNL pour produire son électricité. La réactivation de Kashiwazaki-Kariwa pourrait bouleverser cette dépendance. D’après Reuters, « le redémarrage pourrait réduire d’environ un million de tonnes la demande de gaz naturel liquéfié (GNL) pour le Japon l’an prochain ». Une baisse de cette ampleur représenterait un soulagement majeur pour la balance énergétique du pays.

Mais les effets ne s’arrêtent pas là : cette remise en service aurait aussi un impact financier direct. « TEPCO s’attend à ce que le redémarrage génère environ 100 milliards de yens (554 millions d’euros) de bénéfice net annuel », toujours selon Reuters. Des chiffres qui illustrent la dimension économique d’une décision avant tout énergétique.

Le nucléaire comme pilier de la transition énergétique japonaise

Ce redémarrage s’inscrit dans une stratégie plus large visant à diversifier les sources d’énergie tout en diminuant les émissions de gaz à effet de serre. Avant Fukushima, 54 réacteurs étaient en service. Aujourd’hui, seuls 14 des 33 encore techniquement exploitables ont été redémarrés. « Sur les 54 réacteurs en service avant Fukushima, le Japon a redémarré 14 des 33 qui restent opérationnels », détaille Arab News.

Le gouvernement mise désormais sur un équilibre plus ambitieux entre renouvelables, hydrogène, stockage et nucléaire. La centrale de Kashiwazaki-Kariwa, qui redémarrera d’abord avec son réacteur n°6 en mars 2026 selon Anadolu Agency, pourrait jouer un rôle central dans ce nouveau mix énergétique. En effet, la capacité élevée de ses unités, couplée à leur disponibilité quasi immédiate, offre au Japon un levier rapide pour limiter ses achats de combustibles fossiles, stabiliser son réseau électrique et sécuriser sa trajectoire bas-carbone.

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