La Cour des comptes vient de dévoiler un nouveau rapport sur le parc nucléaire français. Selon elle, prolonger la durée de vie des centrales est avantageux pour le pays.
Le nucléaire à l’épreuve du temps
La Cour des comptes vient de publier un rapport complet sur la maintenance et l’avenir du parc nucléaire français, dans lequel elle conclut que le prolongement du parc nucléaire actuel resterait économiquement pertinent. Ce constat intervient dans un contexte où l’avenir des centrales est au cœur des débats sur la transition énergétique et la souveraineté électrique.
Depuis 2014, les efforts de maintenance du parc nucléaire français se sont intensifiés et le coût annuel dépasse désormais 6 milliards d’euros, selon la Cour des comptes. L’institution juge que « la poursuite de l’exploitation du parc nucléaire jusqu’à 50 ans, voire 60 ans, est une option avantageuse pour le système électrique français ». Sur le plan économique, la Cour estime que le coût de prolongation d’un réacteur de 40 ans jusqu’à 60 ans s’élève à environ 51 €/MWh. Par comparaison, le coût estimé pour construire les six nouveaux réacteurs EPR 2 promis par Emmanuel Macron s’élève à 79,90 €/MWh (conditions 2020).
Ce différentiel permet de qualifier l’option comme « rentable » et « avantageuse », car elle demande un moindre coût par unité d’électricité produite. Cependant, cette rentabilité est conditionnée : « sous réserve que les prévisions de production soient effectivement atteintes et que les prix de vente de l’électricité ne soient pas dégradés », précise la Cour des comptes.
Quels enjeux derrière la prolongation du parc ?
Prolonger les centrales nucléaires jusqu’à 60 ans ou au-delà implique un renforcement de la maintenance, de la sûreté et de l’investissement. La Cour relève que la disponibilité moyenne du parc est tombée à 74 % sur la période 2014-2024, contre 80 % précédemment. Le vieillissement du parc et le renforcement des exigences de sûreté expliquent cette baisse. Par ailleurs, le programme industriel dit du « Grand carénage », destiné à prolonger la durée de vie des réacteurs et à les moderniser, est évalué à plus de 100 milliards d’euros pour la période 2014-2035. Ainsi, pour que l’option reste vraiment rentable, il faudra maîtriser les arrêts de tranche, optimiser la maintenance et garantir que l’exploitation suive les hypothèses retenues.
Prolonger la durée de vie des centrales nucléaires offre plusieurs bénéfices. D’une part, cela permet de capitaliser sur des investissements déjà amortis, plutôt que de repartir de zéro avec des unités neuves. D’autre part, cette approche soutient la continuité de la production électronucléaire, qui couvre actuellement plus des deux tiers de l’électricité française.






