Paul Belmondo a publié, le 19 novembre, une vidéo virale sur ses réseaux, déclarant avec ironie : « Je viens de payer le stationnement de 12,50 euros de l’heure… Ça me fait mal au cul. Merci et vive la mairie de Paris, continuez Hidalgo. » Une sortie médiatique qui dénonce une situation apparemment kafkaïenne. À Paris, même les conducteurs de véhicules 100 % électriques peuvent se voir facturer le stationnement à prix fort. En toile de fond : une politique municipale qui articule écologie, dissuasion et logistique urbaine, mais aussi, parfois, frustration.
Le coup de gueule de Paul Belmondo face à une facture salée
Dans sa vidéo, Paul Belmondo s’en prend frontalement à la politique de stationnement mise en place par la maire de Paris. Il affirme avoir été facturé 12,50 € de l’heure pour stationner sa Renault 5 électrique, un modèle pourtant réputé pour sa légèreté. « J’ai acheté un véhicule électrique, c’est super, une R5, vous savez, une petite voiture, elle pèse 1 tonne 950. Je viens de payer le stationnement : 12,50 € de l’heure… Ça me fait mal au cul. Merci et vive la mairie de Paris, continuez comme ça Hidalgo. », a-t-il lancé dans une déclaration relevée par Automobile Propre.
L’ancien pilote de F1 ne s’est pas contenté d’un message discret. Il interpelle directement Anne Hidalgo, qu’il accuse de saboter les bonnes volontés écologiques à coup de tarifs décourageants. Le message a été massivement relayé, devenant en quelques heures un sujet commenté dans les médias généralistes comme Marie France ou Le Journal du Dimanche. La question soulevée ne se limite pas au prix, elle concerne l’efficacité et la lisibilité des règles appliquées par la capitale en matière de stationnement, même pour les véhicules dits « propres ».
Une réglementation exigeante mais mal comprise
Depuis le 1ᵉʳ octobre 2024, Paris a renforcé les critères d’accès à la gratuité du stationnement. Désormais, seuls les véhicules électriques de moins de 2 000 kg de « masse en service » peuvent en bénéficier, comme l’indique la Ville de Paris sur son site officiel. Cela inclut la majorité des petites voitures, mais exclut les modèles plus lourds, même 100 % électriques. Pour les autres, le tarif grimpe jusqu’à 18 €/heure dans les arrondissements centraux, et à 12 €/heure ailleurs, selon les chiffres publiés par Electra le 5 septembre 2025. Or, selon les données constructeurs consultées par Automobile Propre, la nouvelle Renault 5 électrique pèse entre 1 353 et 1 460 kg selon les versions. Soit largement en dessous du seuil fatidique.
Si les chiffres avancés par Belmondo sont erronés, sa voiture aurait dû être éligible à la gratuité. Cela soulève la question d’un éventuel dysfonctionnement administratif ou d’un malentendu technique : un oubli d’enregistrement dans le Système d’Immatriculation des Véhicules (SIV) par exemple, condition sine qua non pour bénéficier de l’exonération. Mais la mairie n’a pas encore réagi publiquement à cette affaire. Dans les faits, le tarif appliqué à Belmondo pourrait résulter d’un défaut de reconnaissance de son véhicule comme « léger » par les bornes ou agents municipaux. Un tel cas, s’il se vérifie, montre les limites d’un système fondé sur l’automatisation sans vérification humaine immédiate.
Une politique punitive mal calibrée ?
Le dispositif mis en place par la mairie vise à décourager les SUV et autres véhicules encombrants, même lorsqu’ils sont électriques. Une logique assumée, qui s’inscrit dans une vision écologique de la ville, où la place publique est rare et doit être optimisée. Cependant, comme le souligne l’analyse du site Go Electra, cette politique peut parfois produire l’effet inverse : dissuader des conducteurs responsables, qui font le choix du véhicule électrique, mais se retrouvent pénalisés par une exception ou une erreur. L’exemple de Paul Belmondo illustre ainsi les limites d’un système qui veut être juste, mais qui peut se révéler inégalitaire dans sa mise en œuvre.
Car si un véhicule léger est mal catégorisé, ou si le système automatique ne l’identifie pas, le conducteur est redevable d’un tarif « lourd » sans recours immédiat. Et dans le contexte parisien, le stationnement est plus qu’un simple service : c’est devenu une ligne de front entre l’administration et les citoyens. Enfin, cette affaire souligne l’importance de la communication publique. Une grille tarifaire opaque, des seuils mal expliqués, des critères techniques peu connus : voilà qui alimente le ressentiment, même chez ceux qui cherchent à faire le bon choix. Et quand la logique municipale entre en collision avec la réalité du terrain, il n’est pas rare que l’indignation prenne le volant.






