Ce futur barrage chinois pourrait battre tous les records… mais à quel prix ?

Le barrage de Motuo pourrait transformer l’énergie en Chine avec une capacité incroyable de 60 GW.

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Ce futur barrage chinois pourrait battre tous les records… mais à quel prix ? | L'EnerGeek

Le projet du barrage de Motuo, en plein cœur de la province autonome du Tibet, divise déjà l’opinion et suscite de vives inquiétudes. Ce méga-barrage, qui se dresse sur le Yarlung Zangbo, ambitionne de devenir le plus grand du genre jamais réalisé. Alors que la Chine s’engage vers une énergie plus verte et moins carbonée, ce chantier pose de nombreuses questions, tant sur le plan environnemental que géopolitique.

Faits techniques et ambitions dans l’énergie

Le barrage de Motuo devrait atteindre une capacité de production impressionnante de 60 gigawatts (GW), soit trois fois celle du célèbre barrage des Trois-Gorges qui délivre 22 GW, nous informe Selectra. Avec une puissance équivalente à celle de 56 réacteurs nucléaires français, le projet n’est pas une mince affaire. Implanté sur le Yarlung Zangbo, le plus haut fleuve du monde, le barrage bénéficiera d’un dénivelé naturel de 2 500 mètres sur 50 km, avec une pente qui grimpe jusqu’à plus de 2 200 mètres sur cent kilomètres.

Pour sa réalisation, il faut prévoir un investissement de 165 milliards d’euros et faire appel à des turbines gigantesques d’une capacité individuelle de 1 000 MW. Par ailleurs, la construction requiert un important réseau routier, incluant routes, tunnels et voies ferrées, nécessaire pour assurer le bon fonctionnement de l’ensemble.

Ce projet s’inscrit dans la stratégie de la Chine visant à diminuer sa dépendance aux énergies fossiles, tout comme l’amélioration du stockage d’énergie. Aujourd’hui, le charbon représente encore 60 % de la production électrique chinoise. Avec environ 1 400 GW d’énergie renouvelable déjà installés, la Chine se retrouve en tête de la production mondiale dans le secteur. L’hydroélectricité joue un rôle clé dans la transition vers la neutralité carbone d’ici 2060.

Effets sur les populations locales et la nature

Si ce barrage doit améliorer les infrastructures locales en apportant électricité, transports et services commerciaux aux communautés tibétaines, il comporte aussi d’importants risques. Le déplacement éventuel de 1,2 million d’habitants de la région inquiète beaucoup. Par ailleurs, des dangers comme les glissements de terrain, les inondations et la possible destruction de temples et monastères historiques sont à prévoir.

La biodiversité unique du Tibet est également sous menace. La région abrite plusieurs espèces rares de félins sauvages, qui pourraient souffrir des bouleversements écologiques liés à ce vaste projet.

Tensions avec les pays voisins

Le Yarlung Zangbo se transforme en Brahmapoutre une fois qu’il traverse l’Inde et le Bangladesh, ce qui rend ces pays particulièrement attentifs aux projets en amont menés par la Chine. Les inquiétudes portent principalement sur la gestion des ressources en eau et sur la capacité de cette dernière à en disposer en quantité suffisante pour ses voisins.

De plus, le Laos, le Vietnam et le Cambodge pointent du doigt des problèmes similaires, notamment l’assèchement du Mékong provoqué par d’autres barrages en Chine. Avec 193 barrages hydroélectriques déjà construits, en cours de réalisation ou en projet, la situation reste très tendue dans la région.

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