Le développement de l’intelligence artificielle entraîne la construction de nombreux data centers, ces bâtiments qui hébergent les serveurs nécessaires aux calculs. Cette croissance inquiète les habitants concernés, en France comme aux États-Unis. Les reproches portent sur les préoccupations environnementales, une consommation d’électricité très élevée et les nuisances pour le voisinage. Ces sites sont-ils les « futures éoliennes », une technologie qui divise à cause de leur consommation électrique ?
À Fouju (Seine-et-Marne) : un méga-projet qui divise
À Fouju, village de 650 habitants en Seine-et-Marne, l’annonce du plus grand centre de données d’Europe fait débat. Le projet, prévu pour les prochaines années, attire autant qu’il inquiète. Jean-François Dupont, administrateur de France Nature Environnement Seine-et-Marne, habite à une dizaine de kilomètres. Sa position est mesurée : « Nous ne sommes pas contre tous les data centers, parce qu’effectivement, nous en avons besoin, mais pas des monstres comme celui-là. » Sur place, les avis se partagent entre les retombées économiques attendues et la crainte des dégâts écologiques.
À Taylor (Texas) : un terrain promis à un parc qui devient site technologique
À Taylor, ville texane d’environ 16 000 habitants, le débat est tout aussi vif. Selon 404Média, une parcelle de 87 hectares, prévue au départ pour un parc public, a été attribuée à Blueprint pour y construire des data centers. La vente d’origine, conclue en 1999 pour la somme symbolique de 9,20 $, imposait de garder ce terrain comme espace vert. Ce changement d’usage met en colère plusieurs familles du coin, dont celle de Pamela Griffin, attachée à ces terres. « Je me suis dit : ‘C’est quoi un centre de données ?’ Alors, avec mes sœurs et mes frères, on s’est réunis et on a fait des recherches. On s’est dit : ‘Oh, ce n’est pas bon pour le quartier’ », raconte-t-elle. L’incompréhension et l’inquiétude dominent les discussions.
Taylor : la bataille juridique et les chiffres de la vente
Avant d’accueillir des serveurs, cette parcelle est passée par une série de transactions immobilières. Vendue d’abord pour aménager un parc, elle a changé de mains à plusieurs reprises, jusqu’à son rachat par Blueprint pour 9 200 000 $ en 2025. La famille Griffin, qui voulait préserver le parc communautaire, a porté l’affaire en justice pour faire appliquer les conditions inscrites dans l’acte de 1999. Le juge l’a déboutée : selon lui, les villes du Texas « ne peuvent pas exclure les centres de données de leur territoire ». Cette procédure montre bien la tension entre le développement technologique et les attentes des riverains.






