L’Éthiopie, en Afrique de l’Est et souvent perçue comme un pays pauvre, se lance dans une aventure verte audacieuse. En effet, malgré que 40 % de sa population vit avec moins de 3 € par jour, le pays a décidé de bannir l’importation des voitures thermiques dès 2024, selon Auto News. Ce choix inédit au monde vise à réduire la dépendance aux hydrocarbures et à donner un coup de boost à la transition écologique.
Un tournant politique qui change la donne
Le gouvernement éthiopien a choisi l’interdiction des véhicules thermiques, faisant ainsi du pays le premier au monde à opérer un pareil pari. Seuls les modèles hybrides restent exclus de cette interdiction stricte. Cette mesure s’inscrit dans une démarche visant à alléger la facture des importations d’hydrocarbures, coût lourd pour l’économie du pays. Par ailleurs, l’Éthiopie s’est engagée à planter des milliards d’arbres pour diminuer ses émissions et améliorer son environnement.
Ce pivot net se veut également une invitation pour les constructeurs étrangers à venir investir sur place et à développer une production locale, de manière à ce que les véhicules électriques soient plus abordables.
Un changement qui se ressent au quotidien
À Addis-Abeba, la capitale, plus de 115 000 conducteurs ont déjà sauté le pas en adoptant des véhicules électriques. Kemeriya Mehammed Abduraheman, consultante de 36 ans, a opté pour un modèle électrique pour réduire ses frais de carburant. « J’en avais marre de faire la queue pour faire le plein. Ça m’a permis d’économiser sur l’essence, » confie-t-elle. Pour donner une idée, remplir un réservoir coûte environ 4 000 birrs (soit environ 24 €) tandis que la recharge de son véhicule ne lui revient qu’à 600 birrs (soit environ 3,60 €). Même si l’achat initial reste onéreux – Kemeriya a déboursé environ 29 300 € pour un modèle BYD chinois –, les avantages économiques sur le long terme compensent largement cet investissement.
Les défis à relever et les infrastructures à mettre en place
Malgré ces avancées prometteuses, des embûches subsistent. Aujourd’hui, Addis-Abeba compte une centaine de infrastructures de recharge, alors qu’il faudrait plus de 2 300 pour répondre à la demande qui ne cesse de croître. De plus, les coupures répétées d’électricité rendent parfois la recharge compliquée.
Pour remédier à ces difficultés, le gouvernement a inauguré un méga barrage sur le Nil, qui devrait quasiment doubler la capacité électrique du pays. Cette mesure devrait faciliter la recharge des véhicules électriques et soutenir leur développement.
Des objectifs ambitieux et un pari réussi à l’international
Actuellement, seulement 7 % des 1,6 million de véhicules en Éthiopie sont électriques. Le pays se fixe pour objectif d’atteindre plus de 500 000 voitures électriques d’ici dix ans. Pour mettre cela en perspective, en 2024, la part de marché des véhicules électriques en Afrique se limitait à 1 %, ce qui montre le pari audacieux pris par l’Éthiopie.
Tandis qu’en Europe l’importation de voitures thermiques reste une option, souvent entachée de frais complémentaires, l’Éthiopie trace clairement sa route en devenant pionnière dans ce domaine.





