Le Brésil cherche à développer son offre pétrolière

La COP 30 se tient dans quelques semaines au Brésil. Le pays se retrouve sous le feu des critiques à cause de son orientation en faveur du pétrole.

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Le Brésil cherche à développer son offre pétrolière © L'EnerGeek

Dans quelques jours, le Brésil va accueillir la COP 30, la grande messe pour la préservation du climat. Pourtant, le pays cherche de plus en plus à devenir une puissance pétrolière, au détriment de la préservation de la planète.


Le Brésil mise toujours sur le pétrole


Alors que la COP 30 doit se tenir à Belém (Brésil) en novembre 2025, le Brésil poursuit avec détermination son ambition de devenir une puissance pétrolière majeure, et ce, malgré les impératifs de la transition énergétique mondiale. Le pays, hôte du sommet climatique, joue sur deux tableaux : se présenter comme un acteur engagé de la lutte contre le réchauffement et, simultanément, multiplier les autorisations et enchères d’exploration pétrolière.


D’abord, le Brésil ne se cache pas de vouloir renforcer son rôle dans le secteur pétrolier. La société publique Petrobras prévoit notamment d’augmenter sa production d’ici 2030 : « de près d’un tiers (32 %) de pétrole en plus en 2030 qu’en 2024 ».


Ce taux de croissance placerait Petrobras au-dessus de nombreux géants du secteur offshore qui, eux, s’orientent vers une stabilisation ou une diminution de leurs volumes. Par ailleurs, le pays a récemment autorisé l’exploration d’un bloc situé à environ 175 km des côtes de l’État de l’Amapá, en pleine forêt amazonienne, à moins d’un mois de l’ouverture du sommet de la COP 30. De plus, le gouvernement a procédé à l’octroi de droits d’exploration pour cinq blocs offshore profonds, au large des régions de Rio de Janeiro et São Paulo. Ces enchères ont rapporté environ 103,7 millions de réais (≈ 19,2 millions de dollars) pour cinq blocs sur sept proposés. Ainsi, dans l’optique brésilienne, l’exploitation du pétrole et des hydrocarbures s’inscrit comme un levier de croissance, voire comme une condition de souveraineté énergétique.


Des contradictions ouvertes avec la COP 30


En second lieu, cette stratégie laisse transparaître une contradiction forte vis-à-vis du rôle de l’hôte de la COP 30. Le Brésil met en avant sa forêt amazonienne, ses engagements climatiques et le concept de justice climatique. À ce titre, l’édition de Belém est décrite comme « la première fois qu’un pays d’Amérique latine accueillera la conférence dans la plus vaste forêt tropicale du monde ». Pourtant, l’annonce de nouveaux forages ou autorisations pétrolières à l’approche de l’événement alimente les critiques.


Les défenseurs de l’environnement soulignent que l’expansion des hydrocarbures pourrait contredire les objectifs de limitation à 1,5 °C et affaiblir la crédibilité du pays. Enfin, derrière cette ambition pétrolière, plusieurs facteurs expliquent pourquoi le Brésil tient à renforcer sa production. Premièrement, sur le plan économique, l’exploitation pétrolière est perçue comme une source de revenus et un atout pour financer d’autres segments énergétiques ou sociaux. Le président Luiz Inácio Lula da Silva, lors d’une interview, a déclaré : « L’argent du pétrole va nous permettre de financer notre transition énergétique. »


Deuxièmement, sur le plan de la géopolitique énergétique, le Brésil vise à se positionner comme un acteur global de l’énergie, non seulement dans les renouvelables, mais aussi dans les hydrocarbures. Cela peut renforcer sa voix dans des forums internationaux, comme la COP ou d’autres instances.


Troisièmement, sur le plan technique, le Brésil dispose de zones offshore dites « présalifères » au fort potentiel. Une estimation du ministère brésilien évoquait une réserve pouvant atteindre jusqu’à 10 milliards de barils dans cette zone.

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