Comment l’éolien et le solaire écrasent les prix de l’électricité

Les énergies renouvelables en France transforment le paysage électrique, mais saviez-vous qu’elles ont déjà permis de réduire les prix de 15 % ?

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Comment l’éolien et le solaire écrasent les prix de l’électricité
Comment l’éolien et le solaire écrasent les prix de l’électricité © L'EnerGeek

Les énergies renouvelables jouent un rôle de premier plan dans la transition énergétique en France. Tandis que les débats parlementaires autour de la proposition de loi Gremillet se poursuivent, on attend toujours la publication du décret de la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie. En 2024, ces sources représentaient 28 % du mix électrique français, et leur part devrait augmenter malgré de vives oppositions. La manière dont elles influencent les tarifs d’électricité pour les particuliers alimente de nombreuses discussions et analyses.

Les lois et l’aventure des énergies renouvelables

Les échanges autour de la proposition de loi Gremillet rappellent combien les énergies renouvelables tiennent une place de choix dans l’arène législative actuelle. Même si le décret de la PPE tarde à voir le jour, il est évident que le solaire, l’éolien, l’hydraulique et la biomasse occupent chacun un rôle clé dans l’équilibre du mix électrique.

Pourtant, certains observateurs ont leurs réserves sur le développement rapide de ces énergies, évoquant notamment une demande insuffisante ou des coûts trop élevés. Selon eux, ces arguments relèvent d’une « triple absurdité » :

  • d’un point de vue stratégique, fonder une politique à long terme sur des tendances récentes n’est pas le meilleur plan ;
  • logiquement, une baisse de demande est souvent le reflet d’une offre trop limitée, qui entraîne à son tour une hausse des tarifs ;
  • économiquement, limiter l’offre maintient des prix élevés et freine la progression de la transition.

Les critiques et retombées économiques

Les détracteurs soulignent principalement que les énergies renouvelables sont variables, en raison de la météo et de l’alternance jour/nuit. Ils s’inquiètent aussi de l’occupation des sols et des répercussions sur la biodiversité. Sur le volet économique, même si le soutien public aux filières peut sembler onéreux, les économies réalisées par les consommateurs grâce à la baisse des tarifs compensent largement ces dépenses.

Le rapport de juillet 2022 de la Cour des Comptes montre que ces énergies ont permis de réduire les prix spot entre 2016 et 2020, avec une diminution relative pouvant atteindre 15 % certaines années. Cette baisse s’explique par la montée progressive de la part des ENR dans le mix électrique. Par exemple, en 2020, une baisse de l’ordre de 1,4 % a été constatée dans les tarifs.

Effets sur les prix de gros et pistes d’avenir

Depuis 2005, la contribution des énergies renouvelables aux tarifs de gros s’est nettement renforcée. En 2022, elles ont permis de faire chuter le coût de 50 €/MWh, passant de 325 €/MWh à 275 €/MWh. Cette tendance se maintient en 2024, avec une réduction supplémentaire estimée à 10 €/MWh.

Les économies pour les consommateurs dépassent depuis longtemps le coût supporté par l’État, et cette balance s’est même améliorée depuis 2021, culminant en 2022. Toutefois, dès début 2026, avec la fin prévue du dispositif ARENH (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique), tous les clients devront faire face aux fluctuations du marché.

Pour intégrer au mieux ces sources d’énergie dans le réseau électrique national, il faut quelques ajustements : renforcer les capacités de stockage – par exemple, grâce aux stations de pompage-turbinage (STEP) – ou multiplier l’usage des batteries pour lisser l’offre intermittente.

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