Pénurie de carburant en Russie après les attaques ukrainiennes

La Russie subit une pénurie de carburant sans précédent après les frappes ukrainiennes sur ses raffineries, provoquant flambée des prix et rationnement.

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Pénurie de carburant en Russie après les attaques ukrainiennes
Pénurie de carburant en Russie après les attaques ukrainiennes © L'EnerGeek

La Russie traverse une crise énergétique d’une ampleur inédite. Le carburant, longtemps abondant sur son marché intérieur, manque désormais dans plusieurs régions après des frappes répétées de l’Ukraine contre les raffineries. Les experts estiment que la production de pétrole raffiné a reculé de 10 à 15 %, provoquant une envolée des prix et des scènes de rationnement. Cette pénurie de carburant, accentuée par les attaques sur les infrastructures logistiques, illustre la vulnérabilité d’un secteur pourtant considéré comme l’épine dorsale de l’économie russe.

Un système pétrolier russe frappé au cœur

Depuis le début de l’été, les frappes ukrainiennes ciblent méthodiquement les installations stratégiques. Plusieurs raffineries majeures, dont celles de Novokuibyshevsk, Syzran, Ryazan et Volgograd, ont été touchées. Selon Le Point, « depuis le début de l’été, plusieurs raffineries stratégiques ont été touchées par des frappes ukrainiennes, réduisant de 10 à 15 % la capacité de raffinage nationale » a rapporté Marie Guermeur. Cette estimation est confirmée par des analyses financières relayées par le Financial Times, qui évoque une réduction de l’ordre de 10 % depuis juillet. Ces attaques ne se limitent pas aux raffineries.

Le pipeline Druzhba, l’un des plus importants du pays, a également subi des dégâts, contraignant les opérateurs à interrompre partiellement son fonctionnement. En parallèle, des infrastructures ferroviaires vitales pour le transport des produits pétroliers ont été visées, compliquant encore l’acheminement vers les régions éloignées. Ainsi, l’impact des frappes ukrainiennes dépasse la seule capacité de raffinage, c’est toute la chaîne logistique du carburant en Russie qui se trouve affaiblie.

Des pénuries visibles de Moscou à l’Extrême-Orient

Les conséquences se font sentir jusque dans les stations-service. En Extrême-Orient russe, notamment dans le Primorye, la population doit affronter des files d’attente interminables, parfois plusieurs heures, pour quelques litres d’essence. The Moscow Times souligne qu’environ 13 % de la capacité de raffinage nationale est hors service, avec au moins sept raffineries touchées et quatre complètement à l’arrêt. Dans certaines zones, des cartes de rationnement ont été distribuées, priorisant les services d’urgence et les entreprises stratégiques. La situation n’est pas limitée aux confins de l’empire.

Des régions comme la Crimée et le Zabaykalsky connaissent également des pénuries aiguës, comme le précise le Financial Times. Les autorités locales y imposent parfois un rationnement via coupons pour tenter de contenir la demande. Même les zones habituellement bien approvisionnées connaissent des tensions. Reuters rapporte que plusieurs territoires font face à un déficit de carburant malgré l’interdiction d’exporter décidée le 28 juillet par le gouvernement russe. Cette mesure d’urgence, censée préserver l’approvisionnement intérieur, n’a pas suffi à enrayer la crise.

Une flambée des prix qui menace l’économie

Le choc se traduit par une explosion des prix. D’après le Financial Times, les prix de gros de l’essence Euro 95 ont bondi de 55 % depuis janvier, atteignant 82 300 roubles par tonne, soit environ 1 023 dollars. Les prix de détail, eux, ont progressé de 9 % en un an, avec une hausse de plus de 5 % depuis janvier. Cette inflation touche directement les ménages et alourdit le coût du transport pour les entreprises, dans un pays où les distances à parcourir restent considérables. Un analyste du cabinet Finam, cité par le Financial Times, souligne : « même avec l’interdiction des exportations, la demande intérieure n’est pas satisfaite ».

La Russie ne parvient plus à couvrir ses propres besoins malgré la fermeture temporaire de ses marchés extérieurs. En parallèle, le diesel reste disponible, mais son prix suit lui aussi une trajectoire ascendante. Si l’automne pourrait temporairement réduire la demande liée aux déplacements estivaux, les analystes estiment que la vulnérabilité du système demeure structurelle.

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