Dans un monde où la baisse des naissances inquiète de nombreux pays, l’idée d’un utérus artificiel peut donner l’impression de sortir tout droit d’un roman dystopique comme « Le Meilleur des Mondes » d’Aldous Huxley. Récemment, une annonce étonnante a fait le tour de la Chine, affirmant qu’une entreprise avait mis au point un robot humanoïde capable de porter un fœtus pendant 10 mois. Cette nouvelle a vite divisé entre curieux et sceptiques.
L’annonce de kaiwa technology
C’est lors de la World Robot Conference 2025 à Pékin que l’entreprise chinoise Kaiwa Technology a présenté ce projet qui semblait révolutionnaire. D’après les informations diffusées, ce robot humanoïde serait équipé d’un utérus artificiel capable de reproduire une gestation humaine complète. Le prix annoncé pour cette innovation était de 13 900 dollars, ce qui a aussitôt fait lever quelques sourcils quant à la faisabilité du projet, surtout en comparaison avec d’autres robots à prix abordable.
Pourtant, l’authenticité de cette annonce a été rapidement remise en cause. Snopes, le site spécialisé dans la vérification des faits, n’a trouvé aucune trace d’un certain professeur Zhang Qifeng lié à cette affaire. Par ailleurs, le China News Service se serait fait avoir par cette annonce, désormais considérée comme une pure invention.
Des détails techniques et des antécédents
Les informations techniques fournies sur cet utérus artificiel restent assez floues. Il est expliqué que le dispositif imite la gestation naturelle grâce à un liquide amniotique et nourrit le fœtus via un tuyau dédié. En 2017, des chercheurs américains avaient déjà mis au point un dispositif similaire pour les agneaux, et en 2022, des chercheurs chinois avaient présenté une nounou robotique pour embryons.
Malgré ces avancées, des interrogations persistent sur la faisabilité du projet chinois, notamment à cause du manque de précisions techniques et du prix étonnamment bas. Des questions éthiques ont également été soulevées, notamment sur le développement du bébé sans lien maternel et les risques potentiels liés à l’eugénisme.
La rumeur et ses répercussions
La rumeur autour de ce « robot de naissance » s’est amplifiée grâce à la diffusion massive de photos sur les réseaux sociaux montrant un robot humanoïde avec un ventre en verre laissant entrevoir un fœtus. Ces images, confirmées par plusieurs articles comme générées par intelligence artificielle, ont contribué à nourrir le buzz.
L’entreprise impliquée dans cette histoire a fini par avouer qu’il s’agissait d’une fausse information. Ni Zhang Qifeng ni son soi-disant entreprise ne figuraient parmi les participants officiels de la World Robot Conference. D’ailleurs, l’Université technologique de Nanyang a précisé qu’aucun doctorant nommé Zhang Qifeng n’avait obtenu son diplôme chez eux.
Les démentis officiels et la suite
Face à l’ampleur de cette rumeur, KAYIWA Robotics a publié un communiqué précisant qu’ils n’avaient aucun projet de développer ou de commercialiser un robot d’accouchement. Zhang Qifeng lui-même a dénoncé ces informations, affirmant qu’elles avaient été sorties de leur contexte et déformées pour tromper le public.
Même si certains projets en Chine explorent actuellement la possibilité de développer des robots humanoïdes innovants, aucun article scientifique sérieux ne vient soutenir cette approche, selon Olivier Stasse du CNRS. Le débat autour des utérus artificiels continue bien d’alimenter des discussions éthiques et politiques sur leurs implications dans la société, en parallèle des avancées en robotique humanoïde.






