Les émissions de gaz à effet de serre baissent moins rapidement en France

La France semble avoir atteint un plafond en matière de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. Les données ne sont pas bonnes.

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Les émissions de gaz à effet de serre baissent moins rapidement en France © L'EnerGeek

La France semble perdre sa dynamique concernant la baisse des émissions de gaz à effet de serre, selon le baromètre du Citepa, qui vient tout juste de sortir. Certains appellent déjà à un sursaut d’ampleur.


Les émissions de gaz à effet de serre augmentent au 1er trimestre 2025


Le constat est accablant : les émissions de gaz à effet de serre en France ont cessé de baisser de manière significative, une tendance inquiétante qui s’inscrit dans un ralentissement général de l’effort climatique. La France, qui avait été perçue comme un leader dans la lutte contre le réchauffement climatique, semble perdre de son élan. En dépit des engagements pris, la dynamique de décarbonation devient de plus en plus fragile.


Selon les dernières données du Citepa, l’organisme chargé de suivre les émissions de gaz à effet de serre, la baisse des émissions devrait ralentir encore en 2025, avec une estimation de seulement 0,8 % pour l’année. En 2024, la baisse avait déjà été faible, atteignant 1,8 % après un recul important de 6,8 % en 2023. Les chiffres du premier trimestre 2025 révèlent même une légère hausse des émissions de 0,2 %, ce qui confirme le ralentissement de la tendance amorcée ces dernières années.


Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, n’a pas mâché ses mots face à cette situation. Elle qualifie ces résultats de « très mauvais » et appelle à un « sursaut collectif« . Dans un communiqué, elle insiste sur l’indispensable nécessité de poursuivre les efforts pour réduire les émissions : « Continuer à baisser nos émissions de gaz à effet de serre est non seulement indispensable, mais possible. » Cependant, cette déclaration semble contredite par la réalité des politiques écologiques actuelles, où les avancées se heurtent souvent à des reculs ou à des réformes insuffisantes.


Un gouvernement sous pression


Les critiques pleuvent, en particulier de la part des associations écologistes. Anne Bringault, directrice des Programmes au Réseau Action Climat (RAC), a dénoncé « les reculs incessants du gouvernement sur la transition écologique« , qui freinent les efforts de décarbonation. « Ce n’est pas une fatalité, mais un choix politique qui va à l’encontre de la volonté des Françaises et des Français« , a-t-elle réagi vivement. Les critiques visent des décisions comme la remise en cause de certaines mesures sur l’artificialisation des sols (ZAN), la révision des restrictions sur les véhicules polluants dans les grandes villes (ZFE), et la remise en cause des aides de l’État pour la rénovation énergétique des logements (MaPrimeRénov’).


Ces reculs interviennent alors que le Haut Conseil pour le climat, tout comme de nombreux experts, appelle à un « sursaut collectif » pour relancer l’action climatique. Le rapport du Citepa démontre que la France semble avoir atteint un plafond dans ses efforts de réduction des émissions, alors même que le pays doit faire face à des secteurs particulièrement difficiles à décarboner, comme l’agriculture, l’industrie et les transports.


Le gouvernement français semble pris entre deux feux. D’une part, l’urgence climatique s’intensifie, comme en témoigne l’aggravation des phénomènes climatiques extrêmes, tels que la canicule des derniers jours. D’autre part, des choix politiques internes ralentissent la mise en œuvre des mesures nécessaires pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

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