Le chèque énergie, aide précieuse pour les foyers modestes face à la hausse des prix de l’énergie, va subir de gros changements en 2025. Lancée en 2018, cette aide vise à aider les ménages à régler leurs factures de gaz, d’électricité, de fioul et de bois. Toutefois, des modifications dans son attribution et son mode de calcul inquiètent à la fois les futurs bénéficiaires et les associations.
Un dispositif en pleine évolution
Depuis le début, le montant du chèque énergie varie entre 48 euros et 277 euros selon le revenu fiscal de référence divisé par le nombre d’Unités de consommation (UC). Le report du chèque énergie aura lieu en novembre. La Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) et le Conseil national des associations familiales laïques (CNAFAL) tirent la sonnette d’alarme sur ces délais.
En 2025, la façon de déterminer les bénéficiaires va changer avec une attribution semi-automatique. Ce changement risque d’entraîner une forte diminution du nombre d’aides attribuées. Le calcul se basera désormais sur le foyer fiscal du titulaire du contrat d’électricité, ce qui pourrait exclure certains groupes.
Des démarches administratives plus lourdes
La réforme prévoit que certains foyers devront effectuer eux-mêmes leur demande pour obtenir le chèque énergie. Cette démarche peut se faire en ligne ou en utilisant un formulaire papier disponible de septembre à février 2026. Cependant, cette démarche exige plus de pièces justificatives qu’avant. Comme le précise Violaine Lanneau, secrétaire générale de la FNCCR : « Désormais, il ne faudra plus joindre une facture, mais une attestation de contrat ».
Les associations pointent également du doigt le risque pour ceux qui ne maîtrisent pas trop les outils numériques. Françoise Thiebault du CNAFAL signale le problème en ces termes : « Il y a de l’illectronisme en France et encore plus de Français qui ne se sentent pas à l’aise avec les démarches en ligne. » (Moneyvox)
Conséquences financières et sociales
La réforme s’accompagne d’une diminution significative du budget : les crédits destinés au chèque énergie devraient baisser de 20% en 2025 par rapport à 2024, soit une réduction de 180 millions d’euros. En 2024, seulement un cinquième des nouveaux ayants droit ont réalisé les démarches nécessaires pour recevoir leur chèque.
Cette situation survient alors que plus d’un Français sur quatre a rencontré des difficultés pour payer ses factures en 2024. Pour identifier correctement les bénéficiaires, il faudra que les gestionnaires de réseau, les fournisseurs d’électricité et l’administration fiscale collaborent étroitement en croisant les données en leur possession.
Suggestions pour rendre le système plus accessible
Face à ces complications, divers acteurs proposent quelques recommandations. Ils suggèrent notamment de :
- maintenir le guichet en ligne ouvert pendant toute l’année
- revaloriser les montants du chèque énergie de 40% pour mieux soutenir les ménages vulnérables
- allonger les délais pour effectuer les demandes, afin que chacun ait le temps de réunir tous les documents requis






