En février 2025, en pleine guerre en Ukraine, une attaque de drones russes a fortement endommagé le dôme de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Face aux inquiétudes, il faut agir vite pour le réparer. La France annonce débloquer 10 millions d’euros à cet effet.
La France va injecter de l’argent pour réparer le dôme de Tchernobyl
Le 14 février 2025, une frappe de drone russe a endommagé l’arche de confinement de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine. Ce bouclier géant, censé contenir les radiations du réacteur accidenté en 1986, n’a pas résisté à cette attaque. Près de trois mois plus tard, à l’occasion du sommet annuel de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la France annonce un soutien de 10 millions d’euros pour financer des réparations d’urgence. Et pendant ce temps, le dôme, censé durer cent ans, continue de se fissurer.
Le réacteur numéro 4, théâtre du pire accident nucléaire de l’histoire en avril 1986, repose depuis plusieurs années sous une double enceinte : la première, construite à la hâte par les Soviétiques ; la seconde, monumentale, inaugurée en 2019 par le consortium français Novarka, coentreprise des géants Bouygues et Vinci, censée protéger l’environnement pour un siècle.
Mais l’impact du drone a percé un cratère de 15 mètres carrés en haut à droite de la coque, ravageant la membrane protectrice et mettant en péril une structure de 108 mètres de haut, composée de 36 000 tonnes d’acier et fruit de 1,5 milliard d’euros d’investissements internationaux.
La France injecte 10 millions d’euros pour enrayer l’érosion
Le 14 mai 2025, lors de l’assemblée annuelle de la BERD à Londres, la France sort le chéquier. Objectif : abonder le fonds de coopération pour Tchernobyl, doté jusqu’ici de 25 millions d’euros, avec un don initial de 10 millions.
Ces fonds serviront à restaurer « les fonctions clés » de la structure. Selon la BERD, des « systèmes conçus pour assurer la durée de vie de 100 ans » sont aujourd’hui « non opérationnels ». Et le danger guette : infiltrations d’eau, corrosion, propagation de poussières radioactives… La liste des menaces n’a rien de théorique.
Car au-delà des tôles éventrées et des calculs de pression atmosphérique, une autre question se pose : à quoi bon une arche conçue pour cent ans si un seul drone peut la ruiner ? Depuis l’explosion de 1986, Tchernobyl est le symbole absolu de la vulnérabilité nucléaire. Et malgré les milliards dépensés, malgré l’expertise technique mobilisée, la fragilité demeure.






