Centrale de Tchernobyl : un dôme fissuré qui pourrait raviver les pires cauchemars

L’attaque d’un drone russe à Tchernobyl a ravivé des craintes mondiales sur la sécurité nucléaire.

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Centrale de Tchernobyl : un dôme fissuré qui pourrait raviver les pires cauchemars
Centrale de Tchernobyl : un dôme fissuré qui pourrait raviver les pires cauchemars | L'EnerGeek

Le 14 février dernier, un événement préoccupant a eu lieu à la centrale nucléaire de Tchernobyl (lieu marqué à jamais par la catastrophe de 1986). Un drone d’attaque russe a percuté le périmètre, ravivant les inquiétudes autour de ce site historique. L’incident survient alors que la guerre en Ukraine fait toujours rage, rappelant combien ces infrastructures sensibles peuvent être mises en danger.

Ce qu’il s’est passé et ses suites immédiates

L’attaque a eu lieu aux environs de 01 h 50 du matin (23 h 50 GMT la veille). Les dégâts visibles s’étendent sur environ 15 m² de la centrale. L’explosion, provoquée par un drone équipé d’une ogive très puissante, a détruit 70 % de la membrane intérieure, compliquant de fait la lutte contre l’incendie qui a suivi. Comme l’explique Rouslan Hinochouk à Franceinfo, « la maîtrise de l’incendie a été vraiment difficile car nous ne savions pas où concentrer nos efforts. »

La structure touchée est une arche d’acier réalisée en 2019, conçue pour recouvrir le réacteur ayant explosé en avril 1986. Elle abrite environ 200 tonnes de combustible nucléaire ainsi que des milliers de mètres cubes de déchets intensément radioactifs. L’arche endommagée ne peut plus remplir sa mission première, qui était de protéger contre les radiations résiduelles. Hinochouk précise que « la force de l’explosion a compromis le revêtement hermétique de l’arche : la protection offerte est désormais gravement réduite. »

https://www.youtube.com/watch?v=wXcfojOV0oA

Les réactions à l’international et les inquiétudes locales

La communauté internationale suit de près cet événement. Nazar Kovalchuk, conseiller au ministère ukrainien de l’Environnement, a affirmé : « C’est une limite qui n’aurait jamais dû être franchie. » De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a diffusé des images du site, précisant que « le niveau de radiations n’a pas augmenté. » Il a néanmoins souligné que « la Russie d’aujourd’hui est le seul pays au monde qui attaque de tels sites, » qualifiant ces actions de véritable menace terroriste pour le monde entier.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a indiqué avoir été informée dès l’incident et garantit que les niveaux de radiation restent sous contrôle. Toutefois, cette attaque met clairement en lumière la fragilité du site depuis son occupation par les forces russes en 2022.

Ce que l’avenir nous réserve et les défis à venir

Les réparations visant à rétablir la fonction de protection du système devraient être longues et onéreuses. En attendant, toutes les opérations de démantèlement du réacteur 4 sont mises en pause jusqu’à ce que le système NBS soit entièrement réhabilité. Cette situation soulève des questions sur la gestion future des déchets radioactifs et des matériaux nucléaires présents sur le site.

Cet incident montre non seulement les risques liés aux conflits armés près des installations nucléaires, mais aussi les défis constants en matière de sûreté. Il incite à repenser les mesures internationales à adopter pour défendre ces sites contre toute forme d’agression.

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