Spécialisée dans la finance durable, l’ONG Reclaim Finance vient de pointer du doigt l’utilisation des livrets des Français par la Caisse des Dépôts. Selon elle, l’argent sert avant tout à investir dans les énergies fossiles, au détriment du développement durable.
Le développement durable, pas une priorité pour la Caisse des Dépôts selon Reclaim Finance
L’organisation Reclaim Finance vient de jeter un pavé dans la mare de la finance publique française. La Caisse des Dépôts, gestionnaire historique du Livret A et acteur majeur de la transition écologique, se voit accusée d’investir massivement dans les énergies fossiles.
La Caisse des Dépôts dispose d’un rôle d’investisseur engagé en faveur du climat. Pourtant, Reclaim Finance dénonce une gestion jugée trop opaque pour inspirer confiance. Selon l’ONG, il est impossible de savoir avec précision où va l’argent de l’épargne des Français. Les noms des entreprises financées restent inconnus, tout comme les votes exercés en assemblée générale par la Caisse, ou encore les critères choisis pour sélectionner ses mandataires financiers.
Dans le document rendu public, Reclaim Finance va plus loin et interroge directement l’éthique de la structure publique : « Les fonds collectés sur les Livrets A ou LDDS pourraient être utilisés pour soutenir des projets liés aux énergies fossiles, sans qu’aucune transparence ne soit exigée sur leur nature. »
Des milliards d’euros mobilisés… mais dans quel sens ?
La Caisse des Dépôts ne nie pas son implication financière dans des groupes liés aux hydrocarbures. Ce qu’elle conteste, en revanche, ce sont les chiffres. L’ONG avance une exposition de l’ordre de 10 milliards d’euros, ce que réfute l’établissement public, qui parle d’un volume « inférieur à 5 milliards d’euros » et accuse Reclaim Finance d’une mauvaise lecture.
La polémique réside aussi dans les critères retenus : faut-il considérer comme polluante toute entreprise comportant une activité fossile, même mineure ? La réponse de la CDC est sans détour : « L’estimation de Reclaim Finance agrège des entités dont l’exposition au secteur est très marginale. » Officiellement, la CDC affirme respecter des filtres stricts : exclusion des sociétés trop dépendantes au charbon, rejet des groupes pétroliers sans stratégie de sortie, et plafonnement de l’exposition au secteur fossile.
Malgré ses engagements publics, dont un plan de 100 milliards d’euros sur cinq ans pour financer la transition énergétique, la CDC se retrouve accusée de pratiquer une écologie à géométrie variable. Elle se réclame de la Net-Zero Asset Owner Alliance, mais refuse toujours de divulguer la composition détaillée de ses portefeuilles d’investissement.






