Energie : l’électricité d’origine solaire surpasse le charbon en 2024

L’ambition européenne est claire : atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

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Energie : l’électricité d’origine solaire surpasse le charbon en 2024 © L'EnerGeek

L’Union européenne poursuit sa transformation énergétique en profondeur. En 2024, pour la première fois, l’énergie solaire a dépassé le charbon dans la production d’électricité. Cette avancée reflète des efforts soutenus pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, développer les énergies renouvelables, et garantir une meilleure sécurité énergétique face à une volatilité accrue des marchés fossiles. Le rapport annuel publié par Ember, un think tank spécialisé dans l’énergie propre, met en lumière les bouleversements significatifs dans le mix énergétique européen, mais aussi les défis qui persistent.

Le mix énergétique de l’Union européenne évolue dans le bon sens

En 2024, le mix électrique de l’UE a atteint une étape historique : les énergies renouvelables ont produit 47 % de l’électricité totale, un record. Cette évolution est en grande partie due à la forte progression du solaire et de l’éolien. Le solaire, en particulier, a généré 11 % de l’électricité, un bond significatif par rapport à 2023. Cette performance, inédite, a permis au solaire de dépasser le charbon, qui est tombé à moins de 10 % pour la première fois. En parallèle, l’éolien a consolidé sa position avec 17,4 % de l’électricité produite, tandis que le gaz a continué sa décroissance pour atteindre 15,7 %.

Le nucléaire demeure une composante essentielle du mix énergétique européen. Avec une part stable de 23 %, il reste le premier fournisseur d’électricité de l’Union. Son rôle est central pour garantir la stabilité du réseau et compenser l’intermittence des énergies renouvelables. Toutefois, des investissements sont nécessaires pour moderniser les infrastructures nucléaires vieillissantes, notamment en France et en Allemagne, afin de maintenir leur fiabilité à long terme.

Les combustibles fossiles délaissés au profit des renouvelables

Cette transition énergétique accélérée s’explique par plusieurs facteurs. Premièrement, les investissements massifs dans les capacités solaires et éoliennes ces dernières années portent leurs fruits. Depuis 2019, l’Union a ajouté suffisamment de capacités pour éviter l’importation de 92 milliards de mètres cubes de gaz et 55 millions de tonnes de charbon. Deuxièmement, l’augmentation des prix des combustibles fossiles, exacerbée par les tensions géopolitiques comme la guerre en Ukraine, a poussé les États membres à réduire leur dépendance énergétique. En conséquence, les importations de combustibles fossiles pour la production d’électricité ont diminué de manière significative, permettant une économie estimée à 59 milliards d’euros en 2024.

Cependant, cette transformation n’est pas exempte de défis. Bien que l’éolien ait vu ses capacités croître de 13 GW en 2024, les conditions météorologiques moins favorables ont limité sa production. Ce qui révèle un besoin urgent d’améliorer la flexibilité du réseau européen et de renforcer les infrastructures de stockage d’énergie. Ces mesures permettront de maximiser le potentiel des énergies renouvelables face à leur caractère intermittent. Par ailleurs, les procédures administratives complexes continuent de freiner le déploiement rapide de nouveaux projets d’énergies propres, en particulier dans les pays d’Europe centrale et orientale, qui accusent un retard par rapport à l’ouest du continent.

La neutralité carbone en Europe ? C’est faisable !

L’ambition européenne est claire : atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Pour cela, le mix énergétique doit évoluer à un rythme encore plus soutenu. D’ici 2030, la part des renouvelables devra dépasser 60 %, avec un objectif spécifique de 34 % pour l’éolien. Atteindre cet objectif nécessitera non seulement des investissements accrus, mais aussi une coopération renforcée entre les États membres pour harmoniser les politiques climatiques et énergétiques. Une attention particulière devra également être portée aux infrastructures de réseau, essentielles pour soutenir l’intégration des énergies renouvelables à grande échelle.

Le mix énergétique européen en 2024

Source d’énergiePart (%) en 2024Variation par rapport à 2023Observations
Nucléaire23 %StableSource stable garantissant la sécurité énergétique
Éolien17,4 %+13 GW en capacitésConditions de vent défavorables, nécessitant plus de flexibilité
Solaire11 %+1,7 %A dépassé le charbon pour la première fois
Charbon<10 %-26 %Baisse historique reflétant le déclin des combustibles fossiles
Gaz15,7 %-1,2 %Réduction continue mais toujours essentiel
Renouvelables (total)47 %+3 %Progrès marqué grâce au solaire et à l’éolien

L’Europe, pionnière de la transition énergétique, montre que réduire la dépendance aux combustibles fossiles est possible, même face à des crises géopolitiques majeures. Toutefois, cette réussite est fragile et dépend d’une accélération des efforts pour développer un mix énergétique robuste, équilibré et durable.

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