La Moldavie, petite nation qui espère plus que tout entre au sein de l’Union européenne, s’apprête à affronter un hiver difficile. Le pays doit faire face à une décision du géant Gazprom qui pourrait bouleverser son quotidien et celui de ses voisins.
Le couperet est tombé. À la fin de cette année 2024, le gaz russe cessera de circuler vers la Moldavie. Cette annonce, aux répercussions économiques et sociales potentiellement dévastatrices, place ce petit pays au cœur d’un jeu d’influences entre Moscou et Bruxelles.
Moldavie et Gazprom : une rupture annoncée, mais pas surprenante
La décision de Gazprom, le géant russe du gaz, de couper ses livraisons à la Moldavie dès janvier 2025, n’est pas tombée du ciel. En cause, une dette contestée de 700 millions de dollars, que Chisinau refuse de reconnaître, arguant d’un audit international qui la réduit à seulement 8,6 millions. Cette somme colossale, fruit d’une hausse brutale des tarifs en 2021 avant le début de l’invasion russe en Ukraine, reflète les tensions entre Moscou et cette ex-république soviétique désormais résolument tournée vers l’Europe.
Le gaz n’est pas qu’une source de chaleur en hiver, c’est aussi un levier politique redoutable. « La Russie utilise l’énergie comme une arme », accuse le Premier ministre moldave Dorin Recean sur Facebook. Cette manœuvre, qualifiée de « tactique d’oppression », vise à affaiblir un pays parmi les plus pauvres d’Europe, en plein milieu de l’hiver. En limitant les alternatives énergétiques de la Moldavie, Moscou cherche à rappeler son influence sur une région qu’elle considère comme stratégique.
Le pays en état d’urgence
Pour éviter le chaos, la Moldavie a déjà pris des mesures drastiques. Un état d’urgence de 60 jours a été décrété à partir du 16 décembre 2024, accompagné de restrictions sur la consommation d’électricité. La présidente Maia Sandu, réélue pour un second mandat malgré des accusations d’ingérence russe, reste optimiste. « Nous sommes prêts à faire face », affirme le gouvernement, qui explore des alternatives européennes et internationales pour sécuriser son approvisionnement énergétique. Cependant, ces efforts suffiront-ils à compenser une coupure aussi brutale ?
Cette crise ne s’arrête pas aux frontières moldaves. L’arrêt des livraisons russes transite aussi par l’Ukraine, impactant la Slovaquie et la Hongrie. Kiev a décidé de ne pas renouveler son contrat de transit avec Moscou, les tensions énergétiques dans l’Est de l’Europe atteignent un niveau critique.





