Le Danemark, un leader mondial reconnu dans la transition énergétique, fait face à un revers inquiétant. Son projet phare de parc éolien offshore, destiné à devenir le plus grand du pays avec une capacité de 6 gigawatts (GW), n’a reçu aucune offre lors des récentes enchères organisées par l’Agence danoise de l’Énergie. Ce développement soulève des questions cruciales sur la viabilité économique des grands projets d’énergies renouvelables en Europe.
Un projet monumental abandonné par les investisseurs
Le projet « North Sea I », comprenant trois parcelles stratégiques situées dans la mer du Nord, promettait une capacité colossale et s’inscrivait dans les ambitions climatiques du Danemark. Cependant, aucun acteur majeur n’a répondu à l’appel d’offres clôturé le 5 décembre 2024.
Parmi les principaux absents figure le groupe suédois Vattenfall, un pilier de l’industrie éolienne. Son porte-parole, Rasmus Helveg Petersen, a clairement expliqué leur retrait : « Les vents sont bons et les fonds marins aussi, mais économiquement, cela ne justifiait pas que nous fassions une offre ». Une déclaration qui illustre les pressions économiques pesant sur le secteur.
Les raisons d’un désintérêt généralisé
Plusieurs facteurs convergent pour expliquer cet échec :
- Inflation des coûts de construction : Les matériaux nécessaires à la fabrication des turbines, comme l’acier, ont vu leurs prix s’envoler.
- Hausse des taux d’intérêt : Ces derniers alourdissent le coût du financement des grands projets, rendant leur rentabilité incertaine.
- Conjoncture énergétique incertaine : Le marché européen est confronté à une concurrence accrue des énergies fossiles, combinée à une baisse des subventions publiques.
En parallèle, des groupes comme Shell ont revu leur stratégie en matière d’énergie renouvelable. Le géant pétrolier a décidé de maximiser ses revenus sur ses plateformes existantes plutôt que d’investir dans de nouveaux projets d’éoliennes offshore.
Un coup dur pour les ambitions climatiques du Danemark
Le Danemark a fixé des objectifs climatiques ambitieux. Actuellement, le pays dispose de 2,7 GW de capacité éolienne offshore. Le gouvernement vise 14 GW d’ici 2030, un objectif essentiel pour respecter ses engagements envers l’Accord de Paris. Le projet North Sea I devait constituer une pierre angulaire de cette stratégie.
Les autorités espèrent désormais que les conditions économiques s’amélioreront pour les appels d’offres prévus en 2025 concernant trois autres projets majeurs : Hesselø, Kattegat et Kriegers Flak II. Cet échec n’est pas isolé. Il reflète une crise plus large qui touche l’éolien offshore à travers l’Europe. Les projets, bien que stratégiques pour atteindre les objectifs climatiques, peinent à attirer des investisseurs. L’Union européenne devra repenser ses mécanismes de soutien pour surmonter ces obstacles et réaffirmer son leadership dans la transition énergétique.





